A chaque fois, on nous refait le même coup, quand il s'agit de M. Night Shyamalan.
Avec Old, comme cela devait déjà être le cas avec Glass, The Visit et presque tous les autres depuis Le Village, on nous vendait du rêve et, surtout, le film du renouveau.
Si de telles promesses mirifiques pouvaient encore être tenues du temps de Split, même si le réalisateur indien revenait pour le coup sur des terres familières, elles revêtent aujourd'hui les oripeaux de la déception, voire de l'arnaque totale dans Glass, dont il ne vaudrait mieux plus me parler, sous peine de réaction violente ou de fontaine de larmes, au choix.
Sauf que Old, cela tirerait plutôt du côté de Glass, pour tout vous dire. Car encore une fois, le masqué a pensé très fort, et à intervalle régulier, son tout ça pour ça qu'il réserve aux réalisateurs qui lui font à l'envers pour lui piquer le prix de sa place de cinéma.
Et puis, déjà que la bande annonce avait exposé les quasi trois quarts du film, Shyamalan devait s'accrocher pour trouver une raison valable à tout cela, un twist de la muerte afin que toutes les pièces du puzzle s'emboîtent et ravissent.
Sauf que non, il n'y a rien de tout cela dans Old.
Qui fera ressembler sa plage déserte, pour le coup, à une énorme cage à hamster où, une heure trente durant, des comédiens lâchés en rase campagne évolueront mollement et n'auront absolument rien à jouer, si ce n'est une hébétitude paralysante qui conduira le spectateur à ne rien éprouver pour ce qu'ils endurent. La palme reviendra sans nul doute, sur cet aspect, à Gabriel Garcia Bernal qui n'aura jamais aussi bien joué la loutre morte que devant la caméra de Shyamalan, comme s'il avait buggé à la lecture de son rôle.
Mais ce qui fera sans doute le plus peur, et qui sera d'un déceptif en mode ultra du côté de Shyamalan, c'est que les péripéties, déjà agencées de manière bien random, échoueront toutes à matérialiser une quelconque montée en tension, une quelconque surprise à l'écran, ou encore un simple sentiment de peur. Certaines voisinant par ailleurs avec le ridicule dans la manière d'être amenées, ce qui, de la part de Shyamalan, est assez nouveau.
Le reste, soit une photo des plus anonymes, à pleurer de rage alors que le décor de la bulle temporelle semble paradisiaque. Tout comme la furieuse impression que Manoj n'a plus grand chose à faire de ce qu'il raconte. Ce sera aussi nombre de personnages prétexte, parfois agaçants, dont surnagent cependant les enfants, dont le voyage rappellera que la vie est trop courte pour pouvoir en jouir totalement...
... Ainsi qu'un twist aussi plat que le reste, digne de l'esprit d'un enfant de cinq ans en colère devant l'exploitation par les vilaines
big pharmas,
nouveau méchant facile de notre temps, que l'on abat dans un dernier revirement cuit-bouilli assez indigne.
Il est loin le temps où Manoj Night Shyamalan était considéré comme le nouveau wonder boy d'Hollywood sur la seule foi de Sixième Sens, génie redoublé par le formidable Incassable et le très réussi Signes. Sauf que tout cela, c'était il y a plus de vingt ans déjà. Faisant comprendre que même pour Shyamalan, il est impossible de suspendre le vol du temps.
Faudrait pas vieillir...
Behind_the_Mask, tempus fugit