M. Shyalaman a toujours eu des idées à foisons, parfois très bien amenées, parfois moins bien. Son style est reconnaissable et il a déjà surpris son public à maintes reprises. On aime ou on aime pas.
Personnellement, d'où mon avis un brin biaisé, j'adore quand il pose la caméra, qu'il suit un mouvement, peu importe la longueur de la scène, de la séquence, généralement il prend son temps (quelle ironie pour ce film justement).
Parlons mise en scène et personnages :
C'est là que le bâts blesse, plus que l'histoire encore. En effet, je trouve le jeu d'acteur risible au possible, le père de famille (un acteur Mexicain, Gael García) n'est jamais dans le bon ton, je le trouve en retrait. A la caméra, sa passe mais dès qu'il parle, j'ai l'impression d'être dans un soap.
La mère (une actrice Luxembourgeoise, Vicky Krieps) c'est pareil en plus nuancé malgré son accent.
Heureusement nous avons le brave Rufus Sewell qui maitrise assez bien son personnage.
Pour les autres, on ne s'intéresse pas vraiment à eux, on ne connait pas leur histoire et il est difficile de s'y attacher.
Le reste des persos, on peut leur donner l'effort de jouer, un petit 5/10.
Purée, mais quelle mise en scène... C'est juste "bizarre"... Je ne sais pas s'il l'a fait exprès, s'il a voulu tenter quelque chose... Toujours est-il que TOUS les dialogues sont mal amenés. Comme s'il manquait une "avant" scène à chaque fois. On ne comprend pas comment une scène est amenée. Des dialogue sans queue ni tête sont amenés çà et là sans qu'on ne le voit venir. C'est assez dérangeant. Il ne prend pas le temps de poser son cadre, d'amener les choses avec parcimonie comme il aime bien le faire. En réalité, on ressent plutôt le "pressement" du temps qui avance, est-donc un fait exprès mal maitrisé ?
Les scènes de suspens en plan séquence où l'on voit au travers d'un ou 2 personnages que plusieurs évènement arrivent simultanément, c'est juste parfait. Mais entre temps il aurait pu laisser la magie de se poser et de réaliser un plan séquence sans flouter les personnages en avant plan ou les mettre de dos. Bordel Shyalaman, t'es un metteur en scène avant tout, viens pas me raconter que t'avais pas une autre idée que celles-là ????
Le fond de l'histoire :
Bon, je reconnais que l'histoire de base est intéressante finalement. C'est intriguant, on se pose des questions (et on se demande surtout comment il va sortir de cette histoire). On comprend dès la 1ere seconde que l'hôtel à avoir avec cette histoire et c'est vraiment dommage. Shyalaman n'arrive tout simplement plus à nous surprendre, on est trop habitué à son style et ses fameux cliffhangers. On sent, à la fin du film, qu'il a eu cette idée durant la pandémie du Covid-19 et des entreprises pharmaceutiques. Même s'il semble que le pitch vienne d'un roman écrit par Pierre Oscar Levy et Frederik Peeters.
Bref, en somme, il y a de l'idée, des personnages sympas (en minorité) et des images potables. Le reste, c'est vraiment risible.
Manoj, sors toi les doigts du cul et reprends les bases du metteur en scène que tu es. Réfléchis tes plans, tes séquences à l'avance. Entreprends des storyboards de fou, je crois encore en toi.