Si Oliver & Compagnie est loin d'être un grand film, il témoigne néanmoins d'une réelle intelligence de conception. Ce qui saute d'abord aux yeux, ce sont les décors figés aux traits plus lâches – la ville et ses habitants en arrière-plan – que les personnages investissent pleinement, presque comme dans un jeu de plateforme, et qui canalisent le regard et l'attention vers eux et vers l'intrigue. Oliver lui-même, que l'on s'attend à voir au premier plan après l'introduction, est très vite relégué au second plan et sert surtout de déclencheur au récit. Le film ne prend pas le temps de développer ce faux protagoniste, qui parle d'ailleurs très peu ; ce sont les autres personnages qui rayonnent autour de lui, apportant une énergie toute particulière à l'œuvre. L'ensemble renforce l'efficacité narrative d'un film très court (1h14), dont on ressort avec l'impression d'avoir traversé de nombreuses péripéties dans un univers clos, d'une grande cohérence plastique.