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Tarantino déçoit avec cette belle et clinquante reconstitution bien trop longue et qui ne va nulle p

On l’attendait comme le Messie ce neuvième film de Quentin Tarantino, son avant-dernier s’il maintient ses dires, surtout vu le duo en tête d’affiche qu’il nous propose. En effet, il recrute deux des acteurs les plus sexy et doués qu’Hollywood ait connu et qui ont tourné séparément dans deux de ses œuvres : Brad Pitt dans « Inglorious Basterds » et Leonardo Di Caprio dans « Django Unchained ». Il les réunit pour une œuvre fleuve qui entend conter une période de l’âge d’or d’Hollywood ainsi que de la culture hippie tout en revenant sur la secte menée par Charles Manson. Curieux et intéressant mélange, que son savoir-faire et sa singularité auraient pu porter très loin au firmament du septième art. Las, la douche est plutôt froide tant cette tarantinade déçoit et ne comble pas les attentes du spectateur lambda ni même celles du fan de base du cinéaste car on sait bien que Tarantino a un univers bien à lui qui ne plaît pas à tout le monde. Son œuvre est caractérisée par de longues scènes dialoguées souvent en or massif, de nombreuses références la plupart du temps jouissives à tout un pan de la culture cinématographique ou encore à une violence graphique extrême contrebalancée par un humour noir corrosif faisant couramment mouche.

Qu’en est-il de tout cela ici? Et bien si on a le droit à quelques pépites parsemées de-ci de-là au niveau des répliques, on est bien loin des meilleurs opus du cinéaste. Les meilleurs d’entre eux viennent des échanges entre les deux acteurs principaux mais ces derniers ne sont malheureusement pas vraiment nombreux. Et, à la sortie de la salle, difficile de se souvenir de dialogues amenés à devenir cultes. Idem pour les scènes. Quant aux références, elles nous touchent bien moins, Tarantino ayant fouillé dans des recoins bien trop obscurs du cinéma qu’il adore. Il en résulte donc une impression désagréable que le metteur en scène s’est fait plaisir mais de manière égoïste, au détriment du spectateur et donc même de ses fans. C’est comme s’il s’était bâti en images un memorial géant d’une époque révolue du cinéma qu’il adorait et qu’il voudrait revivre. Concernant la violence, elle est certes beaucoup moins présente et ne se manifeste qu’à la fin mais de manière plutôt jouissive et excessive comme on l’aime. Pas de souci de ce côté-là donc, même si elle semble totalement gratuite et qu’elle tombe comme un cheveu sur la soupe. Ce qui nous amène à un autre problème dans « Il était une fois… Hollywood ».

Le script qu’a imaginé Tarantino entre faits réels, pure invention et détournement de la réalité ne tient pas vraiment debout. La partie sur le cinéma qu’il nous a concocté se marie très mal avec l’histoire de Sharon Tate et de la secte du gourou Charles Manson. Le pari était osé et original mais il ne fonctionne pas, rien que le montage qui essaye de garder un lien entre les deux apparaît hasardeux. Dès lors, vu la durée du film, on aurait pu le scinder en deux avec ces sujets si distincts. Car si c’est rarement un souci dans les films du cinéaste, les deux heures et quarante minutes de son nouveau film paraissent parfois interminables. Des scènes s’étirent plus que de raison (la visite de Brad Pitt dans le ranch Manson) et d’autres ne servent à rien hormis nous endormir (Di Caprio qui tourne des scènes de films, une ou deux ça passe, ensuite ça devient lassant et sans intérêt). Et puis tous ces personnages joués par de grands acteurs qui ne font que passer amène un sentiment de frustration extrême (la Palme à Luke Perry ou Michael Madsen dont les rôles frôlent le caméo et dont on cherche encore l’utilité). Mais on reste chez l’un des maîtres vivants du septième art et tout n’est pas à jeter, loin s’en faut. La reconstitution des années soixante est exemplaire, voire parfaite, c’est un véritable délice pour les yeux. Costumes, décors et détails pourraient figurer comme cas d’école dans une institution de cinéma tant c’est fait avec métier et soin. Et la mise en scène est d’une précision et d’une maestria folle qui ne peuvent soutenir aucune contestation. Alors on se console avec cela et le pedigree d’un duo d’acteurs investis (mention plus pour Brad Pitt, Di Caprio étant parfois un peu en redite ou en roue libre) en attendant son prochain film, celui étant peut-être le moins bon et certainement le moins accessible et aimable.

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