Synopsis:

Julian vit en exil à Bangkok où il dirige un club de boxe thaïlandaise servant à des opérations de contrebande et au trafic de drogue.
Quand Billy (le frère de Julian) est tué, leur mère, Crystal, arrive dans la ville pour rapatrier le corps. Elle veut le venger et force Julian à trouver l’assassin. Les contacts de Julian dans la criminalité le conduisent directement chez L’Ange de la Vengeance, un officier de police à la retraite qui connait tout et est à la fois juge et bourreau. Crystal demande que Julian tue L’Ange de la Vengeance, un acte qui va lui couter cher.

Acteurs: ‎Nicolas Winding Refn - ‎Kristin Scott Thomas - ‎Gordon Brown - ‎Vithaya Pansringarm

Itinération de Refn en Asie, Only God Forgives est une tentative (métaphysique) de parler de plusieurs choses: la boxe thailandaise, la violence graphique, la contemplation de cette violence, le rapport enfants/mère, et sans doute d'autres aspects qui m'auront échappé.

Ainsi, le film quasiment statique, aux plans parfaits et à la bande-son sublime, navigue entre onirisme et violence brutale régulièrement (la scène des baguettes...aie) pour mieux démontrer une atmosphère trouble, pesante, où chaque acte en entraîne un autre.
La violence par la violence, oeil pour oeil dirait-on.

Le film rappelle régulièrement une terreur que l'on croise dans certains films: Shining (me demandez pas pourquoi), 2001 l'Odysée de l'espace pour son côté contemplatif et portes noires "donnant sur un je ne sais quoi", des personnages ou plutôt "avatars" personnifiés et désincarnés pour une histoire à mi chemin entre horreur et mythe désincarné.

Beau, Only God Forgives l'est, avec ses plans qui s'étirent, avec ses travellings lents, avec sa bande-son incroyablement belle et triste et mélancolique en même temps.
D'un point de vue pictural, le film est d'une sensibilité graphique à tomber. Et c'est sans doute l'oeuvre de Refn la plus achevée à ce jour. Il n'y a aucun cadrage à jeter, aucun plan n'est inutile, tout est parfaitement aligné.

Ceci dit, on ne peut pas vraiment considérer Only God Forgives comme un film, il est plutôt une expérimentation physique, psychique, métaphysique à laquelle on rattachera ce que l'on souhaite de notre part tant le scénario (?) est aussi simple que frustrant.
Et c'est sans doute ce qui divisera les amateurs du film: Certains, comme moi, y verront un carcan d'une beauté inconsidérable et sauvage aux acteurs parfaits dans leurs rôles dont on mentionnera surtout la prestation jouissive de ‎Kristin Scott Thomas dans son rôle de mère torturée/ange de mort.
Pourtant Only God Forgives semble manquer "d'un je ne sais quoi" pour en faire un film encore meilleur.
Toutefois il mérite qu'on s'y attarde même si pour une grande majorité de gens, n'y verront qu'un film prétentieux et hélas trop court pour que s'y développe quoi que ce soit. Ils n'auront pas tout à fait tort non plus.

Les agissements des personnages restant parfois obscurs et opaques, comme dirait l'autre, choisis ton camp camarade!

Only God Forgives est donc plus un film de sensations et d'impressions que de réel objet de divertissement.
Ce n'est pas du divertissement, c'est de la réflexion à l'état brut, comme si on regardait à l'intérieur d'un cerveau.
En ce sens, il sera sans doute frustrant pour beaucoup.

Complexe et oedipien en tout cas.

Trailer:

http://youtu.be/reIxnLrtY5g
Aeneman
7
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le 22 juil. 2013

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Aeneman

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