En faisant cette fois interpréter à sa femme Gena Rowlands le personnage de Myrtle, une actrice tourmentée, Cassavetes poursuit dans "Opening Night" l'exploration de l'un de ses thèmes de prédilection : le moment du basculement d'un individu hors du conformisme ambiant, l'instant où il perd ses repères, où son existence est mise en questions. Si le regard profondément humain que Cassavetes porte sur ces personnages en crise, en les rendant touchants, mais aussi vivants et sympathiques, sert de trait d'union avec les films précédents, l'excentricité de Myrtle est ici traduite sur un mode fantastique, et sans doute plus intellectuel qu'à l'habitude. Adressant le grand mystère du jeu de l'acteur (une question unissant théâtre et cinéma), Cassavetes, en montrant l'impossibilité, pour Myrtle, de s'identifier à une fan, qui vit le vieillissement comme une humiliation, rappelle l'importance qu'il accorde à l'intériorisation des émotions par l'acteur, dont le jeu doit donner l'illusion d'une continuité avec la vie. Une vie dont cet "Opening Night" déborde littéralement...
[Critique écrite en 1994]

Eric-Jubilado
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Mes 100 réalisateurs préférés [Liste en construction] et Les meilleurs films de 1977

Créée

le 10 nov. 2014

Critique lue 597 fois

Eric-Jubilado

Écrit par

Critique lue 597 fois

9

D'autres avis sur Opening Night

Opening Night

Opening Night

8

Sergent_Pepper

3171 critiques

Une femme sans influences

Quelque soit son sujet, Cassavetes ne déroge jamais, au fil de sa filmographie, à une ambition de plus en plus précise : celle d’un portrait obsessionnel. Alors que ses premiers films s’attachaient...

le 17 mai 2015

Opening Night

Opening Night

10

EIA

250 critiques

Miroir, miroir ( critique fleuve)

AVEC DU SPOIL DEDANS Un film qui m'a intéressée sur plusieurs points. Une réflexion sur la condition d'actrice, d'abord. Il n'est pas facile de vieillir quand on est une femme. Il l'est encore moins...

le 13 juil. 2013

Opening Night

Opening Night

5

Fatpooper

14061 critiques

Un égo gros comme ça

John Cassevetes, j'ai un peu de mal. Pourtant y a toujours des choses qui me plaisent dans ses films. Mis je ne m'avoue pas vaincu, je verrai ses films que je n'ai pas encore vu. Le scénario m'a paru...

le 22 mars 2015

Du même critique

Les Misérables

Les Misérables

7

Eric-Jubilado

6825 critiques

Lâcheté et mensonges

Ce commentaire n'a pas pour ambition de juger des qualités cinématographiques du film de Ladj Ly, qui sont loin d'être négligeables : même si l'on peut tiquer devant un certain goût pour le...

le 29 nov. 2019

Je veux juste en finir

Je veux juste en finir

9

Eric-Jubilado

6825 critiques

Scènes de la Vie Familiale

Cette chronique est basée sur ma propre interprétation du film de Charlie Kaufman, il est recommandé de ne pas la lire avant d'avoir vu le film, pour laisser à votre imagination et votre logique la...

le 15 sept. 2020

1917

1917

5

Eric-Jubilado

6825 critiques

Le travelling de Kapo (slight return), et autres considérations...

Il y a longtemps que les questions morales liées à la pratique de l'Art Cinématographique, chères à Bazin ou à Rivette, ont été passées par pertes et profits par l'industrie du divertissement qui...

le 15 janv. 2020