Opération Tonnerre par Vincent Montagnana
Épisode parfois mal aimé, souffrant d'un manque de rythme assez flagrant dans sa dernière partie, Opération Tonnerre constitue pourtant l'aboutissement de tous les codes bondiens que les trois films précédents ont déjà contribué à mettre en place, du pré-gen musclé et over-the-top à cette indolence caractéristique de la série, ici poussée dans ses derniers retranchements.
Après un Docteur No encore hésitant sur ses bases, un Bons Baisers de Russie un poil trop accroché aux basques d'Alfred Hitchcock et un Goldfinger qui louche un peu trop du côté du polar mégalo, Opération Tonnerre impose un schéma narratif qui sera repris et parfois usé jusqu'à la corde dans les opus qui suivront.
Avant que le scénariste Roald Dahl ne commence à pervertir le concept avec une overdose d'humour "camp" dans On ne vit que deux fois, Opération Tonnerre parvient à trouver le juste équilibre entre esprit de sérieux et fantaisie débridée, entre noirceur cynique et exotisme ensoleillé.
Opération Tonnerre, c'est aussi le sommet de l'époque Connery. L'acteur commence d'ailleurs à perdre de sa superbe dès l'épisode suivant, vieilli, de moins en moins motivé, et de plus en plus ridiculisé. Il faudra attendre le splendide Espion qui m'aimait pour retrouver un tel niveau.