C’est toujours avec plaisir que l’on retrouve l’espion le plus culte du cinéma, surtout lorsqu’il est incarné par Sean Connery : sa classe et sa désinvolture font merveille à chaque instant. On a ici un florilège de réflexions cultes, dans lesquels Bond fait preuve d’un humour inattaquable, y compris, au cœur du danger, piégé par les membres du SPECTRE… Car, après l’intermède Goldfinger, on retrouve ici l’organisation mondiale terroriste, à travers un méchant plutôt honorable, mais qui fait pâle figure à côté du mémorable milliardaire Goldfinger. D’autant qu’il est tout de même bien difficile de ne pas repérer un méchant à des kilomètres à la ronde, surtout quand il (ou elle) se promène avec une bague du SPECTRE au doigt, aussi visible que le nez au milieu de la figure, ou avec un cache noir sur l’œil, à la manière des pirates, et qu’il a une piscine remplie de requins… Toutefois, la mise en scène dynamique (très belle photographie de Ted Moore, comme dans tous les épisodes précédents) et originale parvient à faire de ce James Bond un film d’espionnage classique dans le scénario, mais très divertissant, en multipliant les scènes et les personnages cultes, telle cette scène de combat sous-marin entre plongeurs, qui fait éviter au film le risque du « déjà-vu », ou une réjouissante apparition de Q en short et T-shirts à fleurs… Un épisode de série, donc, mais un épisode tout-à-fait sympathique.