Marcel Camus en résumant vite n'aura été que le cinéaste remarqué d'Orfeu Negro tant sa carrière déçu au final. Comme son titre l'indique ce film est une version, très libre, du mythe grec d'Orphée ce héros descendu aux Enfers pour aller récupérer son amour le récit étant transposé au XXème siècle à Rio de Janeiro. D'ailleurs dans toute la première partie l'histoire n'a que peu à voir avec le célèbre mythe, faut attendre un long moment pour y venir, entre temps Marcel Camus et ses assistants nous font plonger au coeur du Carnaval avec d'innombrables scènes de danse dans les rues, dans les terrains vagues, des défilés costumés, ... bref une vraie carte postale d'un lieu, d'un événement et d'une époque et c'est même pour cela que ce film vaut le coup d'oeil plus que pour l'adaptation d'Orphée qui est finalement assez anecdotique. La mise en scène profite un maximum des couleurs presque dans une tonalité sépia, des décors et costumes ainsi que des chorégraphies rudimentaires mais charmante et rythmées. Le film se termine forcément tragiquement mais il faut peut-être y voir une parabole de la condition misérable dans laquelle vive les personnages qui sous leurs apparentes joyeusetés survivent à la pauvreté, se ruinant pour quelques jours de festivités.