Relecture colorée et carnavalesque (trop, peut-être ? Ce fut, en tout cas, l'une des réserves émises par les critiques brésiliennes à sa sortie) du mythe d'Orphée, le chef-d'œuvre de Marcel Camus n'en demeure pas moins inégal et parfois décevant. La première partie du film peine à convaincre, et la puissance de l'art, pourtant au cœur du mythe d'Orphée — où la musique a le pouvoir de charmer les gardiens des Enfers eux-mêmes — est insuffisamment exploitée.
Cela dit, Orfeu Negro illustre magistralement que la relecture de récits universels par le prisme de cultures ou de communautés marginalisées n'est pas un "simple délire woke" mais bien une démarche intrinsèque à l'essence même du cinéma. N'en déplaise à certains...