Arrivé comme un cheveux sur la soupe, à peine quelque mois après le terrible MADS, qui aura été un énorme coup de coeur pour ma part, le nouveau film de David Moreau a, contrairement à son prédécesseur, eu droit à une sortie en salles.
Et franchement c'est une grosse déception.
Une femme retourne dans la maison d'enfance de sa défunte mère, avec qui elle a totalement coupé les ponts suite à une adolescence traumatisante.
Sur place, elle se retrouve isolée dans une grande bâtisse équipée d'un système de video-surveillance sophistiqué, mais elle n'est pas seule...
Très déçu par ce nouveau film estampillé horreur/thriller par le réalisateur de ILS.
Là où MADS, sorti directement sur plate-forme dans l'anonymat le plus total, surprenait par son audace, ses prises de risque et sa mise en scène millimètrée, OTHER prend tout le chemin contraire, présentant un objet filmique qui reste sur des sentiers bien balisés.
Ça commence pourtant très bien avec une scène d'intro radicale et prometteuse, mais une fois passée l'exposition des personnages, assez longuette pour pas grand chose, le film tourne en rond et se perd en voulant exploiter plusieurs sous-genre de l'horreur, sans pour autant proposer quelque chose de convaincant.
On est se retrouve malmené entre le home invasion, le thriller psychologique et le film de monstre, le réal ose même balancer une scène en mode found footage dans le final, aussi bâclée que pauvre en tension et rebondissement.
Le gros problème de ce film c'est qu'il essaye d'aborder trop de thématiques liées au trauma d'enfance de l'héroïne, mais à force de trop vouloir en montrer il se mélange les pinceaux, et le spectateur perd l'intérêt, on veut que ça se termine vite. Et c'est le cas, puisque toute la problématique soulevée pendant 1h30 de film se résout dans un dénouement très classique pour de l'horreur, grâce à un schema narratif éculé, où toutes les questions trouvent leurs réponses en 5 minutes de dénouement.
Merci pour l'effort, mais ça va on n'est pas des débiles, on avait compris dès le début que l'horreur se cachait derrière un terrible secret de famille, on n'est plus des novices.
Encore une fois désolé de revenir sur la comparaison avec MADS, mais pour moi OTHER c'est tout le contraire. Là où MADS laissait les interrogations du spectateur en suspens, OTHER nous prend par la main pour nous sortir un scénario de "déjà vu".
Là où MADS faisait des étincelles avec une histoire simple et une production très modeste, OTHER met les petits plats dans les grands, avec des moyens plus conséquents mais des idées moins malines, il veut faire compliqué pour un récit finalement très banal.
On est passé du film de genre à l'épouvante grand public.
Reste la prestation de la sublime Olga Kurylenko, qui porte le film sur ses épaules, puisqu'on a là un quasi huis clos, et nous montre toute l'étendue de son talent dramatique, dans un film qui manque cruellement de consistance, malgré les gros moyens employés.
Quant à la "créature", tant qu'elle reste suggérée et tapie dans l'ombre, elle fait son petit effet angoissant, mais cela aurait pû être plus impactant sans des jumpscares outranciers qu'on voit venir à 10 km.
OTHER finalement c'est une série B dans la peau d'une production moderne, trop d'ambition, trop peu d'impact, le genre de film vite oublié après le visionnage.
A noter que pour une fois, l'affiche française du film est super chouette !
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