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Écumant de rage
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Je suis sorti de mon siège de cinéma avec impatience. Puis j'ai réalisé que j'aurais peut-être voulu y rester, ou au moins y retourner un jour.
La tâche n'est pas facile. Parler du sujet sur toutes les lèvres. Faire découvrir une société si occidentalisé mais si lointaine. Et, dans tout cela, faire du cinéma. Et j'ai la surprise que les deux objectifs sont atteints.
Ce film est particulièrement dur à noter. La première partie chaotique ne nous laisse pas le temps de respirer ni de profiter d'un moment de silence. C'est une apnée dans le dégout. Une apnée dans le monde des riches et extrémistes. Une apnée dans l'égoïsme et la haine. Nos deux protagonistes (ou trois avec leur enfant) nous permettent parfois de reprendre quelques bouffées d'air, de voir leur tiraillement, leur détresse, mais aussi leur douceur (je pense aux moments au bord de l'eau avec l'enfant). Dans une critique de la société israélienne totalement déconnectée (je ne trouve pas de mot assez fort), le réalisateur nous tourmente à la manière à la manière de Ruben Östlund. Le film ne nous laisse alors pas entrevoir la moindre empathie pour ce qu'il se passe à Gaza ou la moindre critique de cette société inhumaine. Seul le son lors des attaques constitue un rappel direct aux événements de Gaza. C'est dans cette finesse que cette première partie réussie, dans le dégout qui finit par fortement fatiguer la spectatrice ou le spectateur. Par la mise en scène, on se sent alors oppressé, harcelé, que ce soit par la musique ou les mouvements de caméras assez géniaux. Et on rit franchement. Par le ridicule, l'exagération constante, la surprise. La deuxième partie calme. Et cela fait du bien. Les deux parties se complètent ainsi parfaitement. On se retrouve, tout comme le protagoniste, face à la réalité, face au passé, face au futur, face aux autres. On quitte le ridicule, l'extravagant, le déni et l'aveuglement. La critique est toujours omniprésente, mais autre, posée. On se confronte au 7 octobre. On se confronte au génocide en cours. La fin est grandiose, à nouveau, dans la folie, l'exagération.
La conclusion du réalisateur devient alors sombre et fini. Délaisser Israël.
Le film réussit dans son impact. Il nous montre une société indifférente, et la spectatrice ou le spectateur ne peut alors que ressentir l'inverse. On est profondément agité, révolté.
Le chaos présent dans la mise en scène permet une profonde réflexion mais fatigue. Ce qui fait la force de ce film en fait aussi les défauts. Les particularités de la vitesse, de la cohérence, des choix de mise en scène, fascinent autant qu'elles épuisent. J'en ressors cependant surtout fasciné, bouleversé et en colère.
Créée
le 18 oct. 2025
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