1000 tonnes dans ta gueule !
Mine de rien, avec ses boites en fer et ses bestioles, Guillermo Del Toro met une sacrée branlée aux Transformers avec sa mise en scène très soignée et un semblant de scénario et niveau spectaculaire, on est un niveau au-dessus, clairement. Pour le coup, et malgré les circonstances, je regrette de ne pas avoir vu le film au cinoche, bien qu'en blu-ray, ça tabasse sa génitrice comme il faut.
Clairement inspiré des kaiju eiga dont sont issus des potes comme Godzilla, Gidorah et autres Gamera, Pacific Rim raconte comment l'humanité, à l'aide de robots, lutte contre des kaiju qui sortent régulièrement d'une brèche.
L'originalité, c'est que le robot se pilote à deux, en synchronisant leurs pensées, et subissent également les attaques des monstres. De ce dernier point de vue, difficile de ne pas penser à Evangelion.
Le film renvoie aux films de monstres mais aussi à l'animation japonaise : c'est à peu près comme si j'avais vu une adaptation live de Goldorak, avec des scènes littéralement jubilatoires (le combat à Hong Kong) qui ont fait frémir le fan en moi.
Au niveau du visuel, c'est fantastique, avec une impression de de gigantisme très bien restituée ; on se sent vraiment petit face à ces monstres. Le genre SF permet aussi des combats un peu plus violents qu'à l'accoutumée, ou il n'est pas rare de voir des bras déchirés ou du sang (bleu) de kaiju gicler.
Le scénario aurait sans doute mérité d'être plus développé, notamment sur cette fusion des pensées ou l'origine de la brèche d'où sortent les bestioles, mais la fin peut être à la fois considérée comme fermée ou porteuse d'une hypothétique suite.
Quant aux acteurs, si les principaux jouent tous comme des patates (Charly Day est juste insupportable), la grande classe revient à Idris Elba (même avec son armure) et une courte apparition de Ron Perlman en capitaliste des kaijus.
Mais le plus gros défaut du film revient sans doute à la musique de Ramin Djawadi, qui n'est en rien héroïque, compte tenu de la nature du projet. Elle retire un peu d'émotion et d'implication au film, c'est dire.
Pacific Rim reste au fond un gros fantasme d'un fan, Guillermo Del Toro, un jouet à 200 millions de dollars, mais pour quelqu'un élevé à Goldorak, quel pied !