Si Paul King cède sa place à Dougal Wilson, Paddington in Peru réussit à maintenir une identité narrative, visuelle et tonale fidèle aux deux précédents volets : soit la prise en charge d’un discours politique – l’intégration d’un ours dans la société britannique, plus précisément ici la naturalisation d’un étranger qui, après son intégration, advient par un retour aux origines selon l’idée que l’immigration s’effectue dans le respect de ses racines – par une grande aventure riche en rebondissements, en retournements de situation et en exploration d’une nouvelle culture qui deviendra peu à peu familière, elle-même retranscrite par une réalisation inventive, constamment en mouvements, de manière à enchanter cette quête de la vieille tante métaphore de la quête de soi. La bienveillance est adoptée comme manière d’être au monde des protagonistes, mise à l’épreuve par des adultes avides d’argent et de pouvoir que le film représente comme des personnes égarées, trompées ou victimes d’illusions ; en cela, il respecte l’affirmation de Denis Diderot, dérivée de Platon, selon laquelle le méchant « a la vue courte » et subit une imperfection morale. Malgré des effets visuels inégaux, voilà une aventure qui séduira petits et grands, dialoguant malicieusement avec tout un pan du cinéma de divertissement, Indiana Jones en tête.