La famille s'agrandit. Après le père, qui a vu son nom associé à quelques uns des plus grands chefs d'oeuvre du 7ème art, participant à la résurrection d'Hollywood dans les années 70; après le neveu qui, avant de devenir un mème très populaire et un synonyme de cabotineur, a éclaboussé la pellicule de son talent; après la fille, qui a si bien dépeint la morosité et l'ennui avant de commencer (déjà) à se parodier elle-même; voici venu le temps de la petite-fille, Gia, dernière descendante de ce qui ressemble de plus en plus à une dynastie cinématographique.

La jeune réalisatrice poursuit donc la veine créatrice qui coule dans sa famille en nous offrant ce premier long-métrage, adapté d'un recueil de nouvelles d'un autre grand nom du cinéma, le talentueux touche-à-tout James Franco, qui joue également dans le film. Ajoutez à cela la présence au casting de Jack Kikmer, le fils de Val (deuxième plus mauvais Batman de tous les temps, en attendant l’interprétation de Ben Affleck) et de Emma Roberts, fille de Julia (on ne présente plus la mère, elle-même tenant déjà le rôle de la fille un peu délurée dans Les Miller, famille en herbe) et on a un générique qui a plutôt de la gueule, malgré son allure de bal des débutantes.

Gia semble avoir connu une adolescence similaire à celle de sa tante Sofia, en tout cas on retrouve dans ce film les mêmes thématiques du désœuvrement et de l'oisiveté qui pousse à la débauche. La réalisation emprunte aussi beaucoup des tics de cette dernière, à travers de longs plans à l'esthétique travaillée, rythmés par une musique hypnotique et lancinante. La photographie éthérée donne au film un aspect hors du temps, alors que la caméra suit les pas de trois adolescents perdus entre l'enfance et le monde des adultes auquel ils voudraient déjà appartenir, mais qui n'est pas encore le leur. Le récit a un cachet autobiographique assumé, et son portrait de la jeunesse actuelle est cru sans tomber dans l'inutilement graveleux. En résumé, ça boit, ça fume, ça baise, et on croirait parfois assister à des morceaux de sa propre vie.

De soirées arrosées en journées passées à glander, des stades de foot aux couloirs de la bibliothèque, Palo Alto tisse une trame classique, mais assez éloignée des teen movies traditionnels. La mise en scène, si elle rappelle parfois trop celle de Sofia Coppola, est maîtrisée, et ce premier film est empreint des promesses d'un bel avenir derrière la caméra. Cette Gia ira loin, sans doute, si elle parvient à se détacher de son encombrant patronyme.
Hyunkel
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le 13 juin 2014

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