Petite banlieue parisienne avec des airs de province, le rendez-vous des forains avec auto-tamponeuses et voyante cartomancienne, un terrain-vague pour se soulager la nuit ou étrangler les femmes célibataires, un petit jardin derrière l'église pour flirter le soir, le lot de petits commerçants habituels, le pharmacien, le boucher, la prostituée, le contrôleur du fisc, le concierge du garnis et le misanthrope bougon, comme un concentré d'humanité en quelques mètres de pavés...
Jusqu'où cette humanité peut-elle aller dans sa bêtises crasse ? Jusqu'où une jolie femme peut-elle aller par amour ? Simenon et Duvivier répondent à ces questions avec leur lucidité habituelle et ce n'est pas franchement réconfortant. Michel Simon est monsieur Hire, observateur cynique et désabusé de ses congénères dégénérés qui peut malgré tout encore apprendre un peu plus de leur laideur congénitale...
Le petit monde est merveilleusement composé, Duvivier filme les manèges comme personne, c'est précis, minutieux, inexorable aussi, et ça laisse délicatement une petite amertume au fond de l'âme.