Panopticon raconte l’histoire de Sandro, 18 ans, un adolescent géorgien perdu entre ses désirs et les attentes de son père, qui décide de devenir moine orthodoxe. Livré à lui-même dans une Géorgie post-soviétique, entre tradition religieuse et modernité, Sandro oscille entre sa foi, ses pulsions sexuelles et sa quête d’identité masculine. Sa famille est aussi déstabilisante que son environnement : une mère absente, chanteuse ratée aux États-Unis, une grand-mère protectrice, et un père rigide qui lui impose une vision stricte de la morale. Entre ses attachements contradictoires — attirance pour Natalia, la mère d’un ami, rejet des femmes libres comme Lana, et adhésion aux idées xénophobes de son entourage — Sandro se débat pour trouver sa place. Le film, premier long-métrage du réalisateur George Sikharulidze, explore avec justesse les tensions entre tradition et désir, tout en dressant un portrait critique de la société géorgienne actuelle, marquée par le rejet des étrangers et les contradictions d’une jeunesse en quête de repères. Malgré quelques maladresses, le film séduit par sa photographie soignée et ses scènes sensibles, notamment celles entre Sandro et Natalia, où naît une complicité troublante. Une fin inattendue, mais apaisante, clôt ce récit poignant sur la surveillance — réelle ou imaginaire — de Dieu, comme un gardien invisible.