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Il est compréhensible que Sorrentino puisse être décrié avec ce film, si on l'accuse de male gaze. Malgré le fait que je trouve que certaines séquences sont plutôt fidèles à la réalité et utilise uniquement un grain pur pour filmer Parthenope, il est légitime de penser cela.Seulement, le problème n'est pas là. D'ailleurs, ie ne trouve pas cela très intéressant de crier au male gaze. C'est un esthétique criarde qu'emploie en général Sorrentino, faisant ressortir cela avant tout autre élément du film, pourtant tout aussi important. À mes yeux, cela devrait s'appliquer à chaque films; un cadre naturaliste coche toutes les cases de la représentation féminine qui ne penche pas d'un côté ayant un regard trop masculin ni d'un côté pas assez sensuel pour le thème soulevé. Si l'on peut y avoir des doutes, regardons du côté du naturalisme de Kechiche qui par force de conviction, crée des formes pittoresques, grâce à sa durée par exemple. Le meilleur parallèle avec ce film, serait«Mektoub, my love»qui par ses trois heures de films, remplace un naturalisme prédominant (au début) laissant observer les corps (d'homme et de femmes) tels qu'ils sont, pour peu à peu les faire rentrer dans des codes cubistes ou impressionnistes. Un autre film naturaliste qui pourrait servir d'exemple de réussite sur le même thème que Parthenope serait «À nos amours» de Pialat. La force de ce film réside dans le fait que son cinéaste efface totalement la présence de la caméra et laisse la scène se dérouler. On peut y apercevoir ce que l'on veut et là subtilité domine.


De plus, je trouve que ce film comporte une touche similaire dans la représentation de la femme. La femme vu par un homme dans ce cas précis. Le rôle de Sandrine Bonnaire et de Parthenope fonctionne sur le même archétype, qui par ailleurs, est existant. Seulement, celui de Sandrine Bonnaire fonctionne bien mieux car il comporte des touches de réalisme. C'est à dire qu'il est encré dans une réalité propre à des codes sociaux. Tandis que celui de Parthenope apparaît plus comme une créature mythologique, que comme une femme qui serait le produit social d'une ville et d'une époque. Sa naissance botticelliste l'approuve.Ce qui me fait dire cela est que son personnage est parfait dans tous les domaines. Il n'y a d'ailleurs pas de nuance de cela, c'est assumé. Je peux avouer que cela fonctionne sur une partie du film. Cela concerne sa naissance jusqu’à la mort de son frère, mais cela s'arrête des lors que cette dernière doit devenir une image de féminité forte dans le Naples des années 70-80. Je pense que ça fonctionne dans cette première partie, grâce à l'utilisation de thématique comme l'inceste (qui rappelle la mythologie) et la manière d'assumer le trait érotico-fantastique dans lequel le film s'inscrit.L'inceste y est d'ailleurs un sujet fort intéressant, puisque Sorrentino réalise des plans de tensions et de touchés sensuels particulièrement subtil. Du moins, l'intérêt réside dans la sensorialité qu'ils induisent. Les gros plans y sont vital. Par exemple, lors de la scène où Parthenope et son frère sont dans mer près des rochers, où ils se rapprochent en évoquant le voyage à Capri.Seulement, lorsque Sorrentino s'aventure après cette escale à Capri et le mort tragique qu'elle contient, tout devient bien moins intéressants. C'est lui même qu'il le dit, il ne connaît rien des femmes. Cela se faisait déjà ressentir dans ses films précédents comme «La Main de Dieu» qui restait malgré tout, un film d'hommes. On ressent l'ignorance de ce thème de Sorrentino que je synthétiserai par une séquence, celle où Parthenope avoue à son professeur, sans stress, en toute détente que cette dernière vient de se faire avorter illégalement. Je n'en dirais pas plus, mais je rappelle tout de même que nous nous situons au milieu des années 70 durant ce passage là.Je vais donc revenir sur «À nos amours». Je trouve que à l'inverse du film de Pialat, l'œuvre de Sorrentino se soustrait de pas mal de contraintes matérielles qu'imposent en temps normal la société. Ce qui m'a fait ressentir cela, est principalement dû à sa réussite scolaire. Cette réussite va de paire avec la perfection mythologique que j'ai déjà avoué ne fonctionner que sur une certaine partie du film. Alors, je la vois uniquement comme un prétexte pour laisser Parthenope faire ce qu'elle souhaite dans notre réalité pour érigerNaples. Alors elle se retrouve a faire l'actrice dans un circuit prestigieux ou à valider les examens d'une femme enceinte, parce quand même elle est enceinte quoi (vous avez vu je suis tellement féministe ! Cette scène est calamiteuse de non-subtilité). Sorrentino ne peut pas sous-prétexte d'avoir une figure surréaliste, de pouvoir l'utiliser dans des thématiques réalistes. La vie c'est dure, c'est pour ça qu'il ne peut pas se servir de thématique comme celle du féminisme évoqué précédemment ou de l'attirance de Parthenope pour les hommes plus vieux, sans évoqué précédemment ou de l'attirance de Parthenope pour les hommes plus vieux, sans les relier à des causes sociales ou sociétales.Par conséquent, l'attirance pour les hommes plus vieux est un thème que l'on retrouve et qui aurait du sens sous un prisme de psychanalyse par exemple, comme il l'est fait très subtilement dans «À nos amours» Bref, voyez ce film.


Je peux, à présent, attaquer un autre gros morceau après ce grand pavé. Je vais donc simplement aborder l’esthétique propre du film. Au sens de la représentation des choses à l’image. Le film peut rentrer dans un arc impressionniste, dans sa manière d’alimenter les couleurs des différentes couleurs et de donner une expérience sensitive par rapport à la nature. C’est à dire que à l’image des séquences de sensualité, on a une bonne captation plutôt pure et pas trop criarde des éléments naturels. Le vent est par exemple un élément qui fonctionne bien à l’écran, afin représenter le climat méditerranéen. Cet élément se superpose bien sur les corps affichés, notamment celui de Parthenope. Il affiche matériellement qu’il existe des produits de l’environnement, ce qu’il colle subtilement au thème puisque l’héroïne est une allégorie direct de l’environnement, à savoir Naples. L’impressionisme a une valeur lorsqu’il est uniquement naturel. C’est à dire que si la nature offre des paysages idylliques, c’est un cadeau pour l’image de cinématographique, lorsque la thématique est la beauté de Naples. On ressent la chaleur, l’atmosphère…Ce qui m’attriste se retranscrit dans la représentation même de ce que fait Sorrentino de Naples. C’est à dire principalement des infrastructures plutôt traditionnelles (la maison de Parthenope) et les représentations des corps (d’humains). Je trouve la vision de Naples très peu assumée. La simplification du réel au travers de l’annulation de thématique matérielle (comme les contraintes sociales) se fait ressentir dans la représentation du film. Naples est un paradis. Comme tout paradis il ne possède aucun défaut. Cela se retranscrit par les couleurs d’infrastructures humaines qui induit que Naples n’a pas de défaut même dans cela. Mêmes dans les personnes montrées. Ce n’est pas vrai et à mes yeux, si Sorrentino aime Naples d’amour comme il le prétend, ce n’est pas parce qu’il a vécu dans cette dernière comme dans un paradis. C’est parce qu’il lui est arrivé des expériences atypiques. C’est parce que Naples possède son lot d’éléments laid, qu’il a sut les contempler et les apprécier par la force des choses. Ces éléments sont son essence même dans le moche. La réelle retranscription d’amour se trouve dans le fait d’afficher cela. Afficher le moche de sa ville qui en est finalement l’authenticité. Montrer les tracas, les mauvais choses qui se sont passées. Des épisodes qui contiennent d’éléments qui n’arrivent que à Naples. Alors, parfois cela s’est produit, comme dans la Main de Dieu qui montrait des personnages complexes et inimaginables, où l’on ressentait qu’il venait de la vie de Sorrentino et assurément, qu’il ne venait pas de son esprit. Ici, tous les plans censément de villes sont très impersonnels. Même dans Capri, qui a une vocation à être montré de manière plus onirique, possède plus de profondeur. Alors non, une allégorie qui ne tient pas forcément, qui n’est pas alimenté par ce qu’elle est censé représenter. De toute manière, les intérieurs sont surlignés. Ce qui laisse encore une fois voir qu’il n’y a que dans la luxe que Sorrentino sait se complaire, un peu à l’image de Kubrick. Comme vous vous doutez, j’ai un amour infini pour ce dernier…Il y’a sûrement l’épisode dans l’église qui dénote un peu, car la luxure de l’église est bien présente mais un peu plus mis en retrait. Elle est néanmoins, assez intéressante car au diapason du personnage qu’il l’a représente, à savoir Bishop. 


De plus, la manière de surligner les paysages intérieurs, vient aussi au diapason de certaines séquences bien théâtrales. C’est peut être mon dernier reproche, trop de scènes cabotine à cause des acteurs où de leur manière d’être mis en scène. Pour preuve, la scène avec Gary Oldman qui ne tient pas dès le début où elle est amorcé. Franchement je m’en moque tellement de ce qu’il raconte, et son jeu à coupé au couteau. Depuis le début du visionnage, c’est le premier à se mettre dans ce genre de créneau. Honnêtement rien ne vaut une scène où les personnages se désirent se comprennent et point. Sinon, c’est des plans uniquement pour encore une fois créer des tableaux, en mettant au centre du cadre les acteurs. À l’image d’autoportraits où par conséquent, ne réside plus de mouvement. C’est là que l’intention de mauvais goût de Sorrentino s’affiche clairement. Sinon, il me vient à l’esprit la scène de mise en scène théâtrale des marches où courent les étudiants et où Parthenope pleure. C’est bien évidemment du pure sujet de mise en scène, la foule n’est pas bordélique ou personnifiée. C’est une masse. Je veux comprendre de quoi s’agit cette manifestation, plus en profondeur. C’est un marqueur social et historique. Je ne veux pas voir de beaux plans sur les CRS. La tristesse de Parthenope est bien trop barlourde, elle se communique par une pose recroquevillé qui en rajoute une couche. Tandis que si elle avait été démontré comme vide, avec un jeu léger durant le reste du film pour illustrer le poids que pèsent la mort de son frère, la subtilité nous serait parvenu. Cela à était fait autrement. 


Pour conclure, rien de surprenant, je n’ai pas aimé. Trop balour pour moi. Néanmoins de belles réélections que j’ai pu avoir à la sortie, au vu des thématiques soulevées.

PachaPitou
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le 22 mars 2025

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