L'histoire est celle d'une transformation. Après un séjour en prison, le "grand" patron Grégoire Jeancour retrouve les siens, son duplex et bientôt son travail. Jeancour a changé néanmoins et semble s'ouvrir aux gens modestes.
Benoît Jacquot évite l'écueil d'un populisme qui méprise le puissant et flatte l'homme de la rue, tout en décrivant avec ironie le milieu de la grande bourgeoisie qu'il caractérise par la distance. Distance affective d'abord, avec vouevoiment de rigueur et absence de contact physique. Distance géographique ensuite, ou l'étendue du duplex du 16ème arrondissement empêche qu'on y vive ensemble. Le personnage de Fabrice Luchini a quitté la prison de la Santé pour son habituelle prison dorée, telle semble l'idée dominante de ce film qui flirte avec la pure comédie sans jamais l'épouser.
Jacquot brouille son sujet en restant évasif sur la nature des personnages dont le sens et le comportement de certains ne sont pas toujours clairs. De sorte qu'on est un peu frustré par cette approche mi-figue, mi-raisin, elliptique et distanciée, qui se prive tout à la fois d'être une substantielle comédie de moeurs et une étude psychologique rigoureuse.