"Pas son genre" est l'adaptation du roman éponyme de l'écrivain français Philippe Vilain, paru en 2011.

Lucas Belvaux nous raconte ici une histoire d'amour entre deux personnes que tout oppose, aussi bien au niveau social que culturel.
Lui est parisien, elle vit à Arras.
Clément est professeur de philosophie, écrivain à ses heures perdues et adepte des soirées mondaines.
Jennifer est coiffeuse, passionnée de karaoké et mère célibataire.

Pour Jennifer, les hommes préfèrent les blondes, c'est donc logiquement qu'elle adopte cette couleur chaude. Et chaleureuse, justement elle l'est. Emilie Dequenne dit de son personnage qu'elle est vivante : optimiste, indépendante, pétillante, bien que l'on sent derrière toute cette bonne humeur une certaine fragilité liée à ses échecs passés. Les passages de karaoké et les chansons choisies sont lourdes de sens. Cet exquis « lâche-toi chaton » qu'elle lance à son amoureux sur la piste de danse sonne comme un déclencheur. Entre Clément et Jennifer, la complicité de l'intimité est plus difficile à afficher et à assumer en public, notamment dans les rues bondées du Carnaval d'Arras.

Clément est accueillit dans sa ville d'affectation par un « On ne vit pas à Arras, on y meurt! ». Pourtant, lui qui ne croyait pas au couple au début du film, va finir par prendre goût à l'amour. La première scène du film était d'ailleurs celle d'une rupture. Si Clément commence à voir Jennifer plus pour occuper son temps libre que par réel intérêt, au fil des rendez-vous les sentiments s'installent. Clément se place en position de professeur face à Jennifer, en lui lisant notamment des textes de Proust et en lui parlant de Kant. Mais c'est finalement lui qui apprendra le plus de cette charmante midinette.

« Pas son genre » est une phrase que l'on pourrait également attribuer à Lucas Belvaux. Lui, qui d'habitude livre des films plus noirs, nous offre cette fois-ci une comédie sentimentale. Comédie oui, parce que c'est souvent drôle, les dialogues, le décalage entre les deux amoureux... Sentimentale, mais pas tellement romantique. Le doute est présent partout, tout le temps.
L'histoire du livre écrit par Clément où il raconte que l'amour n'existe pas, m'a fait penser pendant quelques secondes au film de Frédéric Beigbeder "L'amour dure trois ans". Mais finalement rien de comparable ne se produit ici.

Si j'ai énormément apprécié ce film, j'émettrais toutefois une réserve quant à la toute fin. Juste un petit bémol, car je n'arrive pas à savoir si j'ai aimé ou non les dernières scènes, ou plutôt si je les ai comprise.

« Pas son genre » est le film d'une rencontre, aux situations et aux personnages attachants. J'ai trouvé le scénario bien écrit et admirablement interprété. Loïc Corbery arrive à rendre son personnage attachant, alors que sur le papier il aurait pu sembler antipathique. C'est une véritable découverte en ce qui me concerne. Un très bon acteur que j'aurais plaisir à suivre. Emilie Dequenne quant à elle porte avec autant de fragilité et de force ce personnage pétillant. Le duo Corbery/Dequenne est formidable.
Milady
8
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Créée

le 17 mai 2014

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