Passenger
5.2
Passenger

Film de André Øvredal (2026)

Dans un monde de films d'horreur dominé par les suites (28 ans plus tard, Scream 7, Wedding Nightmare partie 2) et les remakes ou reboots (Retour à Silent Hill, Le retour de la momie), les histoires originales semblent l'exception - les studios, américains notamment, sont-ils encore plus qu'avant en train de devenir une vaste recyclerie d'idées ? Peuvent-ils encore créer du neuf ?

Dès lors, on n'a pas envie de taper trop fort sur des films qui tentent de nouvelles choses. On a tout de même eu de belles découvertes originales cette année : Primate au mois de janvier, avec son chimpanzé très méchant ; Hokum, qui reprend la thématique de la maison hantée ; et plus récemment Obsession, qui rencontre un beau succès d'estime. Passenger ne marquera pas les esprits comme le film d’horreur de l’année, mais il mérite tout de même une petite attention.

Le film est réalisé par André Øvredal que les pointus du cinéma de genre connaîtront pour ses films de créatures (Troll Hunter en 2011, un found footage imaginant le gouvernement norvégien gérant secrètement des trolls géants ; The Last Voyage of the Demeter en 2023, qui adapte un chapitre de Dracula) ou ses adaptations de contes folkloriques horrifiques (à l’image de Scary Stories to tell in the Dark en 2019, produit par nul autre que Guillermo del Toro).

Passenger condense les thématiques chères au réalisateur, à travers un thriller horrifique surnaturel produit par Walter Hamada (un ex de DC) et Gary Dauberman (à qui l’on doit It et Annabelle notamment). Rien d’alarmant jusque-là, d’autant que l’affiche est assez accrocheuse : une route forestière mal éclairée par les phares d’une voiture, une ombre au loin entre les arbres, et une tagline choc en forme de statistique « l’an dernier, plus de 130 millions de personnes ont pris la route. 15400 d’entre elles ne sont jamais revenues ». J’achète.

Le scénar’ raconte l’histoire d’un jeune couple qui part en road trip en van à travers les Etats-Unis. Par une nuit sans lune, ils sont témoins d’un accident de la route, mortel. A partir de là, les vacances tournent au cauchemar : le couple se retrouve traqué par un être démoniaque qu’il semble impossible de semer. C’est comme dans Smile, la malédiction semble s’être transmise aux témoins via l’accident.

Mais Passenger n’est pas qu’un film de poursuite entre deux paumés de la route et un être maléfique, c’est plutôt un long métrage qui soigne ses ambiances, souvent oppressantes.

On retiendra tout particulièrement trois scènes. L’ouverture bien sûr, avec ces deux potes qui rentrent de soirée et traversent une sombre forêt : l’un d’entre eux a une envie pressante – ne jamais avoir envie de faire pipi dans les films d’horreur – et s’éloigne plus que de raison dans les bois. Sa besogne achevée, il revient à la voiture mais son pote a disparu. Enfin ça, c’était avant qu’il ne traverse violemment le parebrise. Pris de panique, le pisseux démarre le bolide en trombe, et rencontre sur le bord de la route à intervalles réguliers un être humanoïde particulièrement repoussant... Cette scène d’ouverture, redoutablement efficace, a d’ailleurs été choisie pour servir de bande-annonce. Ça fonctionne bien.

La deuxième scène marquante est celle de la séance ciné all'aperto : notre jeune couple s’arrête au milieu des bois (encore ! c’est une manie !) pour se mater un vieux film sur leur rétroprojecteur en tendant un drap entre deux arbres. On s’en doute, ils n’auront pas le temps de terminer leur film.

Et enfin la dernière séquence qui mérite le détour est celle du parking de supermarché – de nuit évidemment, mal éclairé bien sûr – où notre héroïne cherche à rejoindre son van pour se mettre à l’abri. Au fur et à mesure de sa progression, le véhicule pourtant à l’arrêt change de place et s’éloigne des lumières du magasin.

Très classique dans sa forme, Passenger séduira les inconditionnels de l’horreur par quelques trouvailles de réalisation sympathiques et jump scare bien placés. C'est court, c'est assez efficace : un pourquoi pas !

D-Styx
6
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le 20 mai 2026

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D. Styx

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