7
6767 critiques
Grandir
Alors que les Beatles avaient cessé de produire en 1970, Paul McCartney s'était retranché dans une ferme en Écosse avec sa femme, Linda, et ses enfants, loin de toute médiatisation. Cependant,...
le 28 mars 2026
Voir le film
Ce documentaire de 2h permet de réhabiliter le 2nd groupe de McCartney, les Wings, qui a eu le malheur de succéder aux Beatles. N’attendez pas de révélation fracassante car l’histoire est connue. Elle commence d’ailleurs logiquement par la fin très amère des Beatles (tombés sous la férule du redoutable Allen Klein) dont on a accusé Macca alors que le 1er à être parti du groupe était bien Lennon, mais refusant de l’annoncer publiquement. Macca s’isole alors dans sa ferme rudimentaire avec femme et enfants perdue en Ecosse et il sombre dans l’alcool. Après un 1er album expérimental en solo qui lui permet de reprendre goût à la musique, l’envie de créer un nouveau groupe se fait sentir, avec Linda, sa femme et Denny Layne ainsi qu’au départ Denny Seiwell à la batterie et Henry McCullough à la guitare. C’est pour lui comme un redémarrage à zéro, courageux avec 1ère tournée des universités britanniques en bus et en famille, un peu au hasard. Qui oserait faire ça aujourd’hui ???! Mais avait-il le choix quand on a fait partie du « meilleur groupe du monde » ? Les critiques détestent, ses potes Lennon et Ringo ricanent, sa femme se fait huer de tout côté et puis « bon sang « Mary had a little lamb », non, pas possible de la part de celui qui a écrit « Helter Skelter » !!! ». Les manchettes de la presse qui apparaissent sont terribles. Seiwell et McCullough se désintéressent progressivement du groupe et refusent de partir au Nigéria en 1973, quittant le groupe…
Linda était une grande photographe mais elle savait qu’elle n’était ni une bonne chanteuse, ni une excellente musicienne : elle était là par amour et comme source d’inspiration et de soutien pour Paul. « Ram » en 1971 se fait à nouveau défoncer et par tout le monde ! Sean Lennon raconte que c’est aujourd’hui un de ses albums préférés ! Paul l’explique avec philosophie : au début, tout cela le met en colère et après, il s’en fout. Il n’avait de toute façon jamais fait que ce qu’il voulait faire et comme il l’entendait, c’est ce qui rend sa musique géniale et intemporelle, Chrissie Hynde insiste là-dessus. Les Wings deviennent immensément populaires avec « Band on the run » en 1973 et la tournée européenne et nord-américaine de 1975-76. Pour la 1ère fois, Paul reprenait des morceaux des Beatles alors qu’avant, le contentieux juridique avec Allen Klein n’étant toujours pas réglé, c’était trop douloureux nous raconte-t-il. Après cette apothéose, la fin des Wings sera moins brillante et plus confuse, Paul finira en prison au Japon pour possession de cannabis. À se demander s’il n’avait pas envie de se faire arrêter pour mettre fin à une aventure qui avait trop duré pour lui !!! La tournée japonaise 1980 est annulée et c’est l’occasion pour Paul de dissoudre le groupe, lançant ainsi sa carrière solo. L’assassinat de John le laisse désemparé et anéanti, ce que les enfants racontent. La grande qualité de ce documentaire, ce sont les témoignages en voix off de Paul lui-même, ses filles Mary et Stella, mais aussi les musiciens qui ont fait partie du groupe et qui racontent à quel point ils ont été déçus de l’expérience, ne cachant pas non plus les défauts d’un personnage complexe : Macca leur avait promis qu’ils seraient tous à égalité et…ça n’a pas été le cas ! Quelle surprise !!! Et rendez-vous compte, Macca n’a pas un caractère facile du tout avec tendance à être assez autoritaire ! Euh, ils ne connaissaient pas du tout le Monsieur avant d’intégrer les Wings ?! On peut entendre aussi Mike Jagger étonné de voir Paul réparer lui-même sa ferme et se lancer dans l’élevage de moutons.
Le témoignage le plus touchant est bien celui de Sean Lennon, qui revient sur les tensions qui ont pu exister entre son père et Paul : au fond, c’était deux frères qui s’aimaient, se sont engueulés bien sûr, mais ont su se retrouver avant la mort de John. Et face aux images filmées de Paul interviewé à l’annonce de cet assassinat, très décriées, Sean nous dit qu’il y voit un homme perdu, avec une attitude presque robotique alors qu’on l’avait critiqué pour sa « froideur » à l’époque… Ce documentaire possède des archives filmées (privées je suppose) que je ne connaissais pas, des images familiales dans la maison de Saint John’s Wood à Londres ou encore en Écosse. Ou encore les répétitions, visiblement bâclées, de la tournée japonaise de 1980 : je ne savais pas que ces images existaient. En parallèle à ce documentaire sort une B.O. en CD et vinyle avec des morceaux en demos ou versions rares, dont un « Silly love songs » en réponse directe à John, où Paul est seul au piano, superbe. C’est le moyen de découvrir pour les plus jeunes ou redécouvrir, pour les plus anciens, un grand groupe, considéré comme ringard dans les années 70 et une bonne partie des eighties, et dont l’image a commencé à changer vraiment dans les années 90, quand de plus en plus de jeunes groupes et artistes en ont revendiqué l’influence. L’histoire d’un paradoxe (voire d’une certaine revanche) enfin car un album comme « Ram » est entré au panthéon du rock !
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Documentaires vus en 2026
Créée
le 28 févr. 2026
Critique lue 31 fois
7
6767 critiques
Alors que les Beatles avaient cessé de produire en 1970, Paul McCartney s'était retranché dans une ferme en Écosse avec sa femme, Linda, et ses enfants, loin de toute médiatisation. Cependant,...
le 28 mars 2026
7
2548 critiques
Si l’on apprécie les Beatles, difficile de passer à côté de Man on the Run, documentaire élégant consacré à Paul McCartney, réalisé par Morgan Neville et disponible depuis le 27 février 2026 sur...
le 25 mars 2026
9
1 critique
Être le GOAT, tout plaquer pour se mettre au vert avec sa femme, élever des goats et continuer de sortir des bangers. Le documentaire Man on the Run retrace avec brio cette parenthèse enchantée où...
le 5 mars 2026
9
2460 critiques
Gilmour n’a fait que quelques dates pour sa tournée 2024 et aucune en France. En Europe, il fallait se contenter de Londres ou Rome, dans le site antique prestigieux du Circus Maximus (Genesis et...
le 19 sept. 2025
6
2460 critiques
J’ai été intrigué par ce duo québécois qui débarque chez nous (tournée française de plusieurs dates) avec ce Vol. 2. On devine le plan savamment orchestré à grands coups d’apparitions médiatiques à...
le 16 avr. 2026
7
2460 critiques
Revoilà l’Irlandais Neil Hannon et son faux groupe de The Divine Comedy. Ses albums de ces dernières années ne m’ont pas entièrement convaincu mais cette cuvée 2025 est plutôt bonne. Forcément, les...
le 23 sept. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème