Dans ce film plein d'images bizarres, le personnage principal (interprété avec beaucoup d’implication par Emma Stone) est une jeune femme dans laquelle un cerveau de bébé a été greffé (je ne spoile que 20 minutes). Elle découvre la vie dans une europe imaginaire du XIXème siècle.
Il y a dans ce film une inventivité formelle remarquable, mais toujours bizarre : les plans sont fait avec des angles curieux et une ouverture inhabituelle. Les couleurs choisies sont complètement folles (de ciels oranges, une Lisbonne en carton pâte, des tenues outrancières).
Tout ça pourrait être au service d'une histoire intéressante.
Mais en fait, non : ce personnage, reclus dans un manoir anglais, s'enfuit pour partir à la découverte du monde - et du plaisir masculin. Il y a des anecdotes, mais aucune n'est intéressante. Et le fait qu'Emma Stone passe un certain nombre de scènes à se faire culbuter par un assortiment de personnages aussi contrefaits que ridicules n'aide pas à créer un récit positif.
Alors, pourquoi ce film a-t-il été encensé ? Il faut sans doute y voir le fait que l'industrie du cinéma est fondamentalement réactionnaire, et que ce récit permet, sous des atours grotesques, de maintenir les stéréotypes de domination.
C'est donc d'une esthétique curieuse (je pourrais dire dégueulasse, mais je ne suis pas sûr que ce soit approprié), d'un fond moral ignoble du début à la fin, et d'une complaisance dans l'exposition du corps féminin à vomir.