Voilà un film très inattendu dans sa forme et sa façon de nous présenter son univers. S’ouvrant sur la famille Perdrix très repliée sur elle-même en apparence et aux liens complexes, le film plonge le spectateur dans une grande perplexité. On ne peut se dire qu’aux premiers instants que Pierre Perdrix est le seul membre de la famille d’où ressort une certaine sérénité. L’arrivée de Juliette Webb ne peut que bouleverser l’équilibre instable de cette famille particulière où chacun joue sa partition pour se sentir exister. Erwan Le Duc, malgré une exposition loufoque à première vue, nous fait donc plonger dans un univers assez angoissant. Malgré tout, son histoire à elle toute seule tente une réponse à comment survivre à la dysfonction du monde et des gens. Son honnêteté et ses parti pris sont plutôt désarmants car il propose aux spectateurs de son film de ne pas condamner ses personnages mais d’essayer de les comprendre. Ou pour dire les choses autrement, adopter la position de bonze de Pierre, pour ne pas sombrer dans le mal-être ou la folie. De plus, essayer de trouver une certaine logique à l’action est vain. Je pense même qu’il faut décrypter Perdrix pour comprendre les éléments principaux du film; à savoir qu’un gendarme introverti va tenter d’apprivoiser une femme plutôt égarée, qu’un père de famille va devoir réviser sa manière d’être avec sa fille et que les nudistes ou la brigade de gendarmes du coin ont des logiques bien personnelles. Le voyage n’est pas si facile, le rythme assez lent mais l’interprétation est suffisamment habitée pour trouver une consistance à cette fable chaotique. Amateurs d’ambiances « oxymore », ce film pourrait vous convenir.Trop cartésiens, vous pourrez prendre vos jambes à vos cous.