Satoshi Kon débute avec Perfect blue une filmo absolument sans faute, qui restera malheureusement trop courte vu son décès prématuré. Avec son premier film, il ouvre un univers sans équivalent dans le domaine de l'animation. On est à des lieux des productions Ghibli, sans être non plus dans les extrêmes un peu trop hermétiques de Mamoru Oshii. Mais ça soutient facilement la comparaison avec les deux méga références de l'animation japonaise. Tout en s'en démarquant férocement.
Perfect blue joue sur les codes du slasher, mais réinvente la narration du genre. Les idées fusent de partout. Et si, au détour d'une scène, les Psychose, Silence des agneaux, Seven et consorts viennent parfois à l'esprit, on est quand même très loin du thriller US. Davantage dans une sorte d'univers parallèle façon David Lynch - Lost highway en particulier - où la manière de mettre en scène est plus intéressante encore que l'histoire déroulée linéairement.
La mise en scène se ressent comme un film conventionnel hors animation. En dépit de ses bientôt 30 ans, ça reste visuellement très beau. Niveau créatif, les curseurs sont au max. C'est prenant et sans doute même un peu flippant. Et, à égalité avec Paranoia agent, c'est sans doute le meilleur dans une filmo où tout est de toute façon indispensable. En clair, c'est très bien.