Ne voulant pas rester sur une mauvaise impression d'Albert Préjean dans le rôle de Maigret avec "Cécile est morte" de Maurice Tourneur en 1944, me voilà reparti avec "Picpus" de Richard Pottier en 1943.
Je me disais qu'un autre réalisateur aurait mieux respecté le personnage ou l'ambiance des enquêtes policières de Simenon ; que nenni ! On a toujours un commissaire virevoltant, la jouant façon Sherlock mais un Sherlock fonctionnaire sous le poids de l'administration judiciaire française. Un commissaire virevoltant, disais-je, mais aussi bavard, gourmand, dragueur et même bagarreur. Rien du vrai Maigret massif, taiseux, incorruptible, s'imprégnant d'une atmosphère, pouvant être indulgent avec les petites et modestes gens.
Les grandes lignes de l'enquête semblent respectées dans le scénario mais la mise en scène de Richard Pottier semble très quelconque au point que je me suis surpris à m'ennuyer d'autant plus que je connaissais le fond de l'histoire mais le traitement des personnages traité "linéairement et égalitairement" ne rend pas l'histoire très attractive.
Les acteurs :
On a déjà parlé d'Albert Préjean pas du tout fait pour le rôle. Je pense qu'on ne peut même plus parler d'erreur de casting car à ce niveau c'est forcément une volonté de la production de faire autre chose, de casser les standards.
Le choix du chef de Maigret joué par Antoine Balpetré n'est pas non plus spécialement heureux : ici il joue le rôle ulcéré du chef qui passe son temps à gueuler que l'enquête n'avance pas et se permet de se moquer de la "fameuse" intuition de Maigret. Est-ce là aussi une volonté de la Continental ?
L'adjoint de Maigret, Lucas, joué par un Gabriello fantasque, zozotant n'est pas non plus génial. Il est même agaçant à toujours accrocher les mots. "mmmpressionant" sauf qu'il n'impressionne pas grand monde.
Par contre d'autres acteurs, de bons seconds rôles atypiques, comme Noel Roquevert, Jean Tissier ou encore Gabrielle Fontan et surtout Colette Régis ont de trop petits rôles que Richard Pottier aurait pu facilement mieux exploiter pour mettre en valeur le film.
Je voulais vérifier avec ce film que la mauvaise impression que j'avais eu de "Cécile est morte" n'était qu'un accident de parcours. Même avec un autre réalisateur, on sent une volonté de la Continental de casser l'image que tout le monde a du Maigret de Simenon quelque soit l'acteur de Harry Baur à Bruno Cremer en passant par Gabin et Jean Richard.
Il reste un troisième "Maigret" de Richard Pottier "les caves du Majestic". Je crois que je vais passer la main...