La commissaire Maigret (Albert Préjean, associé à l'inénarrable et bafouilleur Gabriello) mène l'enquête rue Picpus.
L'intrigue criminelle est tortueuse à souhait, avec plein de personnages intrigants et suspects. On prend un certain intérêt à sa résolution, même si une maladresse de la réalisation -c'est-à-dire qu'elle sous-estime notre capacité de déduction...- nous indique, sinon le mobile, du moins le coupable. Au rayon anecdotes, ajoutons cette séquence "technique" astucieuse, surprenante pour l'époque, avec des images en incrustation.
Que le Maigret interprété par Préjean soit fidèle ou pas à l'écriture de Simenon (oublions le style pondéré de Jean Richard ou Bruno Cremer), le film est plaisant parce que, d'une part, il réunit des grands seconds rôles, Delmont, Roquevert, Tissier (il manque Larquey pour reconstituer le trio de suspects mémorable de "L'assassin habite au 21", sorti quelques mois auparavant)), et que, d'autre part, il fait preuve d'humour et de causticité, suivant les dialogues écrits par Jean-Paul le Chanois.
Le récit est sans doute un peu bavard mais la mise scène de Richard Pottier est dynamique.