On ne va pas se mentir : avec Pennywise et Hannibal Lecter à l'affiche, il y avait de quoi être intrigué. Autant dire qu’on s’attendait à du lourd — et forcément, la déception est un peu là. Cela dit, soyons honnêtes : Piégé reste un bon film.
La réflexion sur la justice et la société n’est pas inintéressante, mais elle a un arrière-goût de remplissage, comme si elle était là pour éviter que le film devienne trop plat. Les arguments sonnant un peu comme ceux de vieux papys aigris qui râlent toujours contre les jeunes. On sent que le but était de donner un semblant de profondeur au psychopathe et de rendre le film plus "riche"… alors qu’il aurait peut-être été plus honnête d’en faire un simple sadique qui agit par pur plaisir. Mais peut-être que l’auteur avait peur que le personnage ait l'air d'un Hannibal Lecter du dimanche — même si, au final, c’est un peu ce que ça donne.
Le personnage d’Eddie, quant à lui (la victime), est correct, même si on n’est pas non plus sur de la grande écriture. Disons qu'on en apprend assez sur lui pour vouloir qu'il s'en sorte.
Mais passons. La vraie question du film, c'est : comment Eddie va s’en sortir, justement ? On est dans un huis clos, après tout. Et sur ce terrain, la suspense et la tension font le café. Certes, certains passages semblent un peu forcés, mais dans l’ensemble, ça reste honorable. On nous gratifie même de quelques scènes sincèrement brutales (encore heureux, me direz-vous).
Mention spéciale à la brillante interprétation de Bill Skarsgård, dont le talent n'est plus à prouver. Il porte le film à lui tout seul ou presque, et représente sans doute l’une de ses principales qualités.
Dommage simplement que le film se termine de façon un peu abrupte. Et si c’est une question de budget, on aurait largement pu se passer d’Anthony Hopkins, pour le peu qu’on le voit à l’écran — même si sa présence aide clairement à vendre le film.