La carrière de cinéaste d'André Cayatte a débuté sous l'Occupation au sein de la Continental Films. Son troisième long-métrage, immédiatement tourné après Au bonheur des dames, est à nouveau une adaptation d'un grand roman, le troisième de Maupassant. C'est une petite merveille narrative, un film admirable scindé en deux époques à une vingtaine d'années de distance : l'adultère puis la rivalité entre deux frères. Un magnifique portrait de femme qui sacrifie l'amour de sa vie pour ses enfants, au côté d'un mari rustre et fruste (Noël Roquevert, excellent). Renée Saint-Cyr est sublime de vibrations contenues et tire les larmes dans une scène où elle explique sa faute passée à l'un de ses fils. Concis (70 minutes), le film respecte l'ambiance naturaliste du roman et sa cruauté. A noter que Bunuel en tournera une version plus éloignée de l'original avec Une femme sans amour.