Bof...
J'étais très jouasse à l'idée de découvrir en 2026 un nouveau western rital (co-prod avec les US en fait), et le film en adopte quelques codes et motifs qui font plaisir, casting international, vision cynique du mythe américain, violence graphique et sens léger mais bienvenu du baroque (à plus forte raison dans son dernier acte avec un certain emploi d'un certain membre vital du corps humain - ceux qui ont vu le film comprendront), et même un virage à mi-parcours vers le sous-genre révolutionnaire ; mais s'il m'a évoqué pas mal de ses homologues 60s/70s que j'aime bien (notamment La banda J&S pour son binôme mixte et les plus fameux zapata pour sa partie révolutionnaire "accidentelle" pour notre héros), et même le plus récent True Grit des Coen (pour son John C Reilly qui m'a fait penser à Jeff Bridges dedans), sans oublier bien sûr un certain film de John Ford pour son discours sur la réalité et la légende tmtc (et je m'arrête là pour le name-dropping relou de sale cuistre), celui-ci m'a globalement laissé de marbre.
Il démarre plutôt bien pourtant, avec un premier quart d'heure relativement inspiré et prometteur, jusqu'à la constitution de son binôme de héros et leur fuite, sauf que le film se vautre ensuite illico dans un voyage assez mou du slip, la faute à une écriture pas spécialement inspirée et un couple sans réelle alchimie (Nadia Consonne-voyelle-consonne-consonne-consonne [...] et Alessandro Borghi ont tous les deux la gueule de l'emploi mais il ne se passe rien entre eux, je n'ai jamais ressenti la moindre attraction ni fièvre, je n'en avais rien à foutre de ce couple et n'ai jamais souhaité un seul instant qu'il l'emporte). Emmerdant quand ledit couple est le cœur battant du film... Qui pour moi avait une super carte à jouer avec son John C Reilly en Buffalo Bill côté coulisses, loin du héros qu'il se plaît encore à incarner sur scène, et lancé à la poursuite de nos deux tourtereaux... mais le personnage est finalement très en retrait, le film gravite vraiment essentiellement autour des deux fugitifs, qui ne parviennent pas à m'intéresser donc. Et comme les discours sur l'Ouest (la réalité, la légende, blabla, mon colt sur la commode) et l'incarnation révolutionnaire, je les ai déjà vus en mieux ailleurs, eh bien je n'y trouve in fine pas grand chose.
Parce que tout ça est globalement très sage par ailleurs : outre le fait que le récit soit assez balisé (mais à la limite ça on s'en fout, se lasse-t-on vraiment de mater une énième variation d'un concept que l'on adore ?), le truc reste fondamentalement moins violent et cracra qu'à la grande époque, qu'on a moins de sales gueules à l'écran et pas l'équivalent d'un Morricone ou un Bacalov à la baguette pour nous pondre une musique de zinzin (qui sauvaient n'importe quelle daube en leur temps, faut l'savoir). C'est un western qui rend un hommage sincère au genre je n'en doute pas un seul instant, qui joue le jeu c'est indéniable, qui s'inscrit tout de même dans son époque (le discours sur la condition et l'émancipation féminines bien sûr, porté par le personnage de Nadia) et évite le simple exercice de style fétichiste et anachronique ; et en cela c'est un projet aimable, mais dans lequel je n'ai pas trouvé grand chose de plus que ses nobles intentions... Et du coup bof, déception pour moi, je n'ai pas passé un mauvais moment, mais j'ai passé la majeure partie du film à attendre poliment que ça décolle.
Bref, on salue le geste, mais le résultat est assez anecdotique, et je n'en garderai vraisemblablement rien.