Après les indéniables succès de La Colline a des Yeux et Mirrors, notre Alexandre Aja national décide de s'attaquer au film de piranhas. Ainsi, il réalise un rêve de gosse et propose un pur divertissement gore, drôle, simple et décomplexé. Le metteur en scène français s'inspire aussi bien du Piranha de Joe Dante que des Dents de la Mer de Spielberg et filme des scènes de carnage rarement vues au cinéma. En effet, Aja n'hésite pas à aller dans l'outrance gratuite, n'égalant pas Braindead mais s'en rapprochant.
On peut donc voir (et en 3D s'il vous plait) un pénis déchiqueté, des bras mutilés et autres têtes explosées avec un humour noir très féroce. Hélas, le long-métrage est aussi très inégal... Car si les scènes gore sont réussies, il manque au long-métrage un brin de suspense et surtout un scénario bien écrit. Dialogues débiles, situations parfois grotesques, plans de fesses à outrance et acteurs peu convaincants (horripilant Jerry O'Connell), Piranha 3D n'est pas parfait.
La faute à une production calamiteuse où les bien connus frères Wenstein refont des siennes et mettent une nouvelle fois la pression sur le tournage. Remaniant certaines scènes, donnant des directives plutôt saugrenues, massacrant la 3D en post-production, ils enlèvent le bébé d'Aja pour en faire une œuvre hybride. Toutefois, le metteur en scène français est également à blâmer, le scénario étant globalement écrit par ses soins et ceux de son éternel acolyte Grégory Levasseur.
On regrettera donc ce manque de sérieux dans de trop nombreuses scènes, cette exagération de sexe inutile et cette ambiance débilo-adolescente mais on se délectera de caméos sympathiques (Richard Dreyfuss, Christopher Lloyd...), de passages outranciers drôlissimes et, le principal, d'effets sanglants jubilatoires. En faisant main basse sur certains défauts et en oubliant l'effet 3D raté dû à une conversion faite à la hâte, Piranha 3D reste indéniablement LE film d'horreur de l'été 2010.