Un piège cinématographique en VOD
- S'il fallait définir le vide cinématographique absolu, Pitfall en serait une incarnation parfaite. Au moins, son titre annonce la couleur : un véritable piège pour quiconque a le malheur de lancer le visionnage. Directement parachuté en VOD et l'on comprend très vite pourquoi tant il aurait fait honte aux salles obscures, ce prétendu survival d'une pauvreté affligeante ne possède strictement rien pour rattraper son naufrage.
Un scénario meublé par des flashbacks hors sujet
- L'intrigue tient sur un ticket de métro déjà usagé avec son groupe de randonneurs traqué dans les bois par un tueur. Faute d'idées pour meubler cette promenade forestière, le réalisateur dégaine des flashbacks complètement hors sujet sur la relation entre le frère et la sœur, censés nous prouver le décès de leurs parents dans un accident de voiture. Parachutées aux pires moments, ces séquences n'apportent aucun enjeu et subissent un montage totalement éclaté au sol qui brise le peu de rythme existant.
Des incohérences à répétition et une fin affligeante
- L'écriture enchaîne les paresses les plus grossières, à l'image de l'apparition sortie de nulle part de deux jeunes femmes extérieures au groupe. Poursuivies par le maniaque, elles croisent comme par hasard la trajectoire des survivants avant de se faire trucider sans le moindre motif dramatique, servant uniquement de chair à canon à bas coût. Les incohérences physiques frôlent elles aussi le ridicule absolu, notamment lorsqu'un personnage survit miraculeusement à dix coups de couteau dont un logé en pleine mâchoire. Le pompon revient à la séquence finale où le scénario prend ouvertement le spectateur pour un abruti : après avoir été empalé sur des pieux au fond d'un trou, le tueur est suggéré comme encore en vie dans une tentative de fin ambiguë d'une stupidité embarrassante.
Un tueur ridicule et des dialogues affligeants
- Le charisme du tueur ne vient rien arranger à l'affaire. Visuellement, le film tente un mélange grotesque entre le tueur de Souviens-toi... l'été dernier et un Rambo du dimanche : exit le crochet, mais on retrouve un long manteau ridicule porté par un maniaque qui fabrique ses pièges dans la forêt. Qu'il arme son arc ou sorte ses haches, la volonté d'offrir des mises à mort gores tombe complètement à plat tant les effets spéciaux sont ratés. Quant aux dialogues, ils touchent le fond de la vacuité, incarnés par des répliques aussi naïves qu'un « je vais chercher du bois tout seul, à tout de suite » lâché en plein territoire hostile. Avec un minimum de budget, n'importe quel passionné aurait proposé des décors plus inspirés et des répliques percutantes là où cette production s'enfonce dans le ridicule.
Des personnages antipathiques sur fond de musique catastrophique
- L'une des plus grandes prouesses de ce désastre reste sa capacité à ne rendre aucun personnage attachant. Hommes comme femmes, ils s'avèrent tous agaçants, creux et façonnés dans des stéréotypes épuisants. Tout au plus accorde-t-on une pointe d'empathie tardive pour l'emmerdeur de la bande, mais la pilule ne passe pas pour autant. On assiste au massacre dans une indifférence totale, bercé par une bande-son au niveau catastrophique du reste qui n'arrive jamais à poser la moindre tension.
Des comédiens venus uniquement pour le chèque
- Ce film rappelle violemment qu'être comédien ne s'improvise pas et que ce métier n'est pas donné à tout le monde. Qu'il s'agisse du scénariste, du réalisateur ou de l'ensemble du casting, l'incompétence règne à tous les étages. Le jeu des acteurs et des actrices atteint un niveau de médiocrité pathétique où chacun est visiblement venu uniquement pour cachetonner et prendre son chèque sans la moindre conviction.
Bilan d'un naufrage intégral
- La réalisation s'avère dépourvue de la moindre intention artistique. On nage en pleine série B bas de gamme complètement ratée, mais dépourvue du moindre second degré qui aurait pu sauver l'ensemble. Pitfall s'impose comme une purge dispensable qui échoue sur tous les tableaux. Un naufrage intégral : passez votre chemin.