Un couple uni depuis cinquante ans va perdre leur maison et ce sont deux des enfants qui vont les accueillir chacun de leur côté. Au bout d'un moment, cette existence loin de l'autre leur est insupportable, et ils se rendent compte qu'ils représentent une gêne pour leurs enfants.


J'avoue avoir découvert (et visionné) le film au pif, sans trop savoir de quoi ça parlait, avec uniquement le nom de Leo McCarey comme référent. Et c'est peu dire qu'à la fin, les larmes manquent de couler tant l'émotion est forte, et l'amour si fort entre ces deux personnes âgées, jouées par Victor Moore et Beulah Bondi, que la vie va séparer par contrainte financière. Le sujet est encore tout à fait actuel, à savoir comment les enfants doivent gérer leurs parents une fois âgés, qui sont vus comme des boulets à leurs pieds, et comment les accompagner dans la dernière phase de leur vie. Mais la grande idée de McCarey est aussi et surtout d'en faire une histoire d'amour à l'envers, sans trop en dire, avec une dernière partie New-Yorkaise magnifique, où tout le passé semble revenir le temps de ces quelques heures.


Aujourd'hui, on peut sourire sur les quelques transparences où le couple est censé se promener à New York, mais c'est une goutte d'eau face à la grande mélancolie, je dirais même l'histoire d'une vie résumée en moins de 90 minutes. Au fond, ces quelques scènes paraissent comme irréelles face à la réalité qui attend ce couple. Je suis même surpris d'y voir quelque chose d'aussi noir, sombre, pessimiste dans le cinéma des années 1930 qui se relevait à peine de la crise économique.
Le film a été un échec à sa sortie, surement à cause du casting peu connu et mettant en avant des acteurs et actrices âgés, mais il a depuis fait son trou dans l'oeuvre de McCarey, et c'est tant mieux, car il y a quoi être bouleversé et vraiment ému face à l'urgence de ce couple. D'ailleurs, le réalisateur disait que c'était le film préféré de sa carrière et dieu sait qu'il a réalisé de grandes œuvres.

Boubakar
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Leurs films préférés/Leurs films détestés. et Mes films du mois.

Créée

le 23 févr. 2022

Critique lue 122 fois

Boubakar

Écrit par

Critique lue 122 fois

9
3

D'autres avis sur Place aux jeunes

Place aux jeunes

Place aux jeunes

10

FlavienDelvolvé

20 critiques

La vie n'a pas d'âge. La vraie jeunesse ne s'use pas.

C’est une critique certainement beaucoup trop à chaud. Je finis à peine le film et mes joues ne sont pas encore sèches, mais ce n’est plus possible… Comment ce film-là peut-il n’avoir que 147...

le 8 juin 2019

Place aux jeunes

Place aux jeunes

8

Boubakar

6767 critiques

Préparez vos mouchoirs.

Un couple uni depuis cinquante ans va perdre leur maison et ce sont deux des enfants qui vont les accueillir chacun de leur côté. Au bout d'un moment, cette existence loin de l'autre leur est...

le 23 févr. 2022

Place aux jeunes

Place aux jeunes

4

Pruneau

322 critiques

Vioc populi

Film très réaliste, presque en temps réel : que c'est chiant, que c'est long. Un film de vieux pour les vieux. Ça radote effroyablement, et on est à deux doigts de l'incontinence. Recommandé pour une...

le 7 juin 2011

Du même critique

Prey

Prey

3

Boubakar

6767 critiques

Leave Predator alone !

Au XVIIIe siècle, sur le territoire des Comanches, une jeune indienne, Naru, va devoir faire face à une créature inconnue qui a le pouvoir de disparaitre... Le carton de Predator, le film signé John...

le 7 août 2022

Massacre à la tronçonneuse

Massacre à la tronçonneuse

3

Boubakar

6767 critiques

On tronçonne tout...

(Près de) cinquante ans après les évènements du premier Massacre à la tronçonneuse, des jeunes influenceurs reviennent dans la petite ville du Texas qui est désormais considérée comme fantôme afin de...

le 18 févr. 2022

Total recall

Total recall

7

Boubakar

6767 critiques

Arnold Strong.

Longtemps attendues, les mémoires de Arnold Schwarzenegger laissent au bout du compte un sentiment mitigé. Sa vie nous est narrée, de son enfance dans un village modeste en Autriche, en passant par...

le 11 nov. 2012