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le 20 avr. 2018
SuivreLes Jabac rabâchent
C’était couru d’avance, ça se devinait d’emblée au vu des premières images : le nouveau Jaoui/Bacri sent bon le réchauffé, le tiédasse, le fond de tiroir raclé jusqu’aux pieds de la commode. Pour...
le duo Jabac, en écho à l' estimable Le sens de la fête où excelle Bac, mais aussi selon moi à La villa, s'interroge sur ce qui nous lie encore ( Ah oui Klapisch aussi ) dégainant sa Place Publique, au centre de laquelle il dégomme la figure Ardissonienne du présentateur cynique tévé, et la papesse des bons sentiments un peu lourdaude. Lourde ironie à se distribuer ces rôles ingrats.
Le film est oubliable, volontairement ou non contaminé par son sujet, la médiocrité ambiante de notre époque, cette superficialité qui aplatit tous les personnages et les rend transparents: leurs petites vérités seront dévoilées en une pièce sous-Tcheckhovienne .
Comme me l' a bien dit mon père, apprenti critique incompétent de cinéma se lançant à soixante dix-huit ans le bougre, la mise en place est un peu longue...Il a bien raison, si l'on considère sur quoi elle débouche.( Il en était de même pour La villa , qui tissant sa toile nous prenait, nous émouvait, nous enserrait en une utopie désormais plus modeste.Mais vigoureuse. Sincère.)
Ici, elle ne débouche sur rien.
Jaoui en roue libre, insère à n'en plus finir des morceaux de musique, et des reprises chantées de Bacri. Quand on a plus rien à dire on chante, mais même cela, est impuissant à enrayer la désillusion, ne crée aucun lien, les gens dansent bêtement, comme du bétail, de la viande.
Y a pas de désespoir qui nous émeut, nous transperce, ici c'est tristement tiédasse, mollement critique, les acteurs sont faiblement dirigés, jeu minimal à basse intensité, y croient -ils ? Surnage Léa Drucker du naufrage, son jeu et son personnage qu'elle défend.Elle.
A sa façon, ce film qui prétend dénoncer, flatte de bas instincts, ceux du renoncement, et du ridicule facile. Un Molière du pauvre. Mépris de ceux qui avaient la culture pour la jeunesse qui n'a plus rien sinon pécho une meuf ou filmer un truc?. Ce moment de non dialogue est pathétiquement consternant de caricature cliché.
J'aurai aimé du bout des lèvres finalement ce dénouement qui faillit partir en nihilisme rural, et ces deux gosses, bien timides notre dernier espoir?
Ils se sont lancés dans un truc nos Jabac, mais n'ont pas eu le souffle de le porter. La mise en scène? Quelle mise en scène? Par contre l' endroit, p.. un paradis pas loin de Paris, pratique pour tourner et se coucher dans son lit ce soir. Un film paresseux ou englué dans une forme de dépression.
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Créée
le 27 avr. 2018
Critique lue 794 fois
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le 20 avr. 2018
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