Le monde est divisé en deux catégories, ceux qui gagnent les concours SensCritique en repartant avec des blu-ray et les autres… oui, c'est ma manière ô combien subtile de vous révéler que sans le concours organisé par le site à partir duquel vous êtes en train de lire cette critique, je n'aurais peut-être jamais visionné le film dont il est question ici (et que j'ai donc en partie été corrompu par le concours).
Placés est un film qui se concentre sur le métier d'éducateur dans une Maison d’Enfants à Caractère Social. Un point qui m'a frappé très rapidement, n'ayant pas lu le synopsis du film et n'ayant pas fait attention à qui l'avait réalisé, ça ressemble beaucoup à La Vie Scolaire et à Patients de Mehdi Idir et Grand Corps Malade. En fait, ça ne m'aurait pas étonné qu'ils aient réalisé le film tant il y a des ressemblances, que ce soit dans les thématiques traitées, le choix des acteurs (on retrouve Moussa Mansaly et Nailia Harzoune) ou dans la réalisation. Bon après, il faut bien avouer que concernant ce dernier point, ç'a beau être bien filmé (je n'ai pas décelé de problème particulier), on n'a pas affaire à une réalisation atypique, surtout pour un film français.
Les acteurs sont bons, rien à dire dessus. Outre les deux acteurs déjà cités plus haut, on retrouve Shaïn Boumedine (Mektoub, My Love), Philippe Rebbot (Hippocrate, L'Effondrement) ou encore Julie Depardieu (Podium). J'ai d'ailleurs été surpris par le niveau des jeunes acteurs, dans l'ensemble, je les ai vraiment trouvés bons.
Il s'agit du premier film de Nessim Chikhaoui qui a auparavant écrit Les Tuches 2, 3 et 4 ainsi que Le Doudou. Pour le coup, je n'ai vu aucun de ces 4 films (le premier Les Tuches m'a suffi) mais je pense que j'aurais eu une certaine appréhension si j'avais été au courant de ça avant d'entamer mon visionnage. Pourtant, comme sous-entendu quelques lignes plus haut, il ne commet pas l'erreur de vouloir en faire des tonnes au niveau de la réalisation. Aussi, ça se sent quand même qu'il a un minimum de bagages au niveau du métier de scénariste. Comme il le dit en interview, il n'a pas voulu que le film tombe dans des clichés du métier (le piège aurait par exemple été que l'un des éducateurs soit un pédophile), le film se voulant de toute façon "positif" dans l'ensemble. D'ailleurs, le réalisateur étant un ancien éducateur, et s'étant épaulé d'autre(s) éducateur(s), notamment Habib Taouil, on ressent clairement le fait que certaines scènes ont été vécues réellement. Il y a une nette volonté de se rapprocher le plus possible du réel, que ce soit au niveau des situations présentées ou des personnages. Le long-métrage évoque à de nombreuses reprises le danger des sorties sèches, mais évoque d'autres sujets, bien plus noirs encore, comme la prostitution. Pour le coup, de multiples thèmes sont traités, parfois très rapidement, mais on perçoit cette volonté de ne pas s'attarder sur un jeu sujet.
Malheureusement, il y a tout de même quelques facilités à noter au niveau du scénario. On sait d'avance comment ça va se finir, mais le pire reste tout de même la scène où *spoiler* Elias abandonne son concours Science Po à la toute fin du récit… clairement le genre de scène-clichée facile qui aurait pu être évité.
Un film un tantinet classique certes, mais une bonne petite surprise tout de même.