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le 23 déc. 2025
SuivreCruising and love.
Le postulat de ce film est assez alléchant et prometteur. Situé dans une petite ville américaine à la fin des années 90, on y voit un flic en civil (d’où le titre) censé prendre au piège des...
Le postulat de ce film est assez alléchant et prometteur. Situé dans une petite ville américaine à la fin des années 90, on y voit un flic en civil (d’où le titre) censé prendre au piège des homosexuels, sous couvert d’atteinte à la pudeur, sur des lieux publics de rencontre et qui s’amourache de l’un d’entre eux. Cela aurait pu donner lieu à un thriller, comme le film culte « Cruising » de William Friedkin avec Al Pacino. Pour son premier film, la cinéaste Carmen Emmi choisit plutôt la voie de la romance contrariée mais, comme le personnage principal se cherche, ce « Painclothes » va également emprunter les chemins du drame psychologique. Le film est assez épuré dans ses enjeux et le cheminement de Lucas va se montrer assez sobre et démonstratif. Enfin, juste comme il le faut.
Les années 90 sont dépeintes avec une économie de moyens qui se ressent mais de manière probante. Le grain de la pellicule est conforme à cette époque mais Emmi s’embarrasse de nombreux effets de style ostentatoires et parfaitement dispensables qui alourdissent l’aspect visuel de son long-métrage. Les inserts de plans tout droit sortir des VHS de l’époque pour signifier la psychologie du personnage apparaissent maniérés et alourdissent le film plutôt que de le nourrir. Il manque également d’un discours plus développé sur la condition des gays à cette époque bien que le personnage d’Andrew apporte quelques éclaircissements à ce sujet. Cependant, le choix de sa profession semble trop marqué et facilitant pour le sujet.
Le fait d’alterner le montage entre cette histoire d’attirance perturbée par le contexte de l’époque avec un drame familial est en revanche bien amené. Le rebondissement qui en découle autorise un dénouement surprenant qui élève « Plainclothes » et lui ajoute un petit truc en plus. Dans le rôle principal, Tom Blythe se montre très juste et touchant. Néanmoins, le récit manque de surprises. On se rattrapera sur les scènes montrant les ébats des deux amants, filmés avec beaucoup de délicatesse et de volupté. La scène au cinéma et celle dans la serre sont, à ce titre, les plus belles du film; elles brillent d’une intensité folle en évitant comme par magie le scabreux qui leur pendait au nez. La cinéaste se sert de l’originalité et de la beauté des lieux pour transcender leur désir et le magnifier de la plus belle des facons. Une œuvre prometteuse et intéressante par intermittences en somme. Elle n’est pourtant pas totalement convaincante sur le plan narratif et formel, se débattant souvent avec les heurts et maladresses d’un premier essai.
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le 23 déc. 2025
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