Sans mélo ni caricature, cette histoire est renversante. Découvrir la vie d’une personne dont on ne peut imaginer ce que c’est d’être ainsi laisse sans voix, perplexe et par moments profondément triste. La qualité de ce film repose sur le jeu sans défauts de deux comédiens qui excellent dans l’interprétation d’un mal qui parait si improbable que parfois on se demande comment c’est possible.
Même si on pourrait en rire, c’est avec une immense compassion et tendresse que notre regard se pose sur cet homme. Ce film n’est ni nécessaire ni utile, il est sacré. L’oscillation émotionnelle qui se dégage de ce film est si puissante que la logique l'emporte avec patience et conviction. On voudrait pouvoir l’aider ou du moins lui dire les mêmes mots que Dottie lui adresse : « C'est tes excuses qui me rendent fou, tu n’as pas à t’excuser. »
À travers tous ces jurons, moments gênants et autres situations improbables, c'est étrangement la délicatesse qui se dégage de ce récit. Ici il n'est plus question d'espoir mais d'optimisme. Les larmes et sourires qui accompagnent ce récit sont souvent ceux de l'héroïsme, de la résistance et de la générosité dont fait preuve John.