Un de ces films dont on sort à la fois bouleversé et admiratif. Le rôle principal, porté par un acteur bluffant, impose une intensité rare : chaque regard, chaque silence, traduisent une souffrance contenue. Une performance qui sera sans doute récompensée et qui mérite de l’être, tant elle transcende ce petit biopic marginal. Les seconds rôles ne sont pas en reste : le jeune John apporte une sincérité désarmante, tandis que la mère, dépitée mais aimante, incarne avec une résignation poignante la fatigue et la tendresse mêlées. Chacun contribue à la justesse du récit, mené sans trop de pathos, où l’exploration psychologique prime sur le tire-larmes.
Sous ses airs de parcours balisé, le film parvient à saisir quelque chose de profondément humain. Les scènes les plus banales prennent une dimension tragi-comique d’une puissance inattendue. On ressent toute l’injustice de ce handicap social terrible, sans jamais sombrer dans la complaisance. Cette maladie, qui prête volontiers à sourire de prime abord (mémorable épisode de South Park), n’épargne aucun aspect de la vie, le film traite chacun d’eux avec une vérité implacable. Riche en émotions mais tenu par un réalisme constant, Plus fort que moi aborde le syndrome de Gilles de la Tourette, aussi connu qu’incompris, avec une bienveillance lucide. Le happy-end attendu permet néanmoins à l’ensemble de ne pas être trop déprimant, comme un souffle d’espoir après la tempête.