I swear a un gros côté pathos. Les ficelles pour susciter l'indignation et l'émotion ont des allures de câbles de marine tellement elles sont énormes. En termes de comparaison, même si les handicaps ne sont en rien comparables, l'illustration de la différence y est à des années lumière de la finesse de Elephant man. Et tout ça est lourdement didactique. On est dans le registre du film dit familial, plein de bons sentiments. Ce qui n'est jamais une bonne chose en termes artistiques. Donc question rendu, I swear est largement poussif dans sa manière de faire adhérer le public.
Pour autant, le film n'est pas sans intérêt. On s'étonnera des réactions de nos amis british dans les 80's ; de leur châtiments corporels à l'école, visiblement banalisés au collège à en croire le film ; jusqu'à leur absence totale d'empathie ou de questionnement face à quelqu'un dont n'importe qui comprendrait qu'il souffre le martyre. De surcroît à une époque pourtant pas si lointaine que ça.
En revanche, sans équivoque, l'interprétation est époustouflante. Si l'on accepte pouvoir rire de tout, le côté comique est la grande réussite du film. Car on a beau s'attendre à ce que les choses dérapent à chaque situation, il y a une délectation à voir le protagoniste sortir la pire phrase possible dans chaque circonstance. Bien difficile de ne pas rire franchement devant les mots qu'il ne peut pas s'empêcher de lancer à la face de ses interlocuteurs. Là où le film prend un risque et où le pari s'avère gagnant, c'est quand il réussit à être drôle sur quelque chose qui précisément ne l'est pas.
On quitte donc la projection en se disant que I swear est finalement sympathique. Mais qu'il aurait largement gagné à être moins poussif à beaucoup de moments, et plus ambitieux en termes de mise en scène.