Afin de m’insurger encore pour les mêmes choses, c’est quoi ce titre français de merde, là ? On dirait un titre d’un film de Nakache & Toledano. Ou celui du dernier film d’Artus. C’est un film britannique, bordel, laissez-lui son titre. Ou bien trouvez en un autre mais alors un bien. Bref, le titre français n’existe pas. Le vrai titre c’est I swear. Super idée puisque cela veut dire deux choses bien différentes et qu’il convient bien au personnage, pour qui les jurons sont quotidien et qu’il sera incapable lors d’un procès de jurer de dire toute la vérité sans injurier le juge. John Davidson est en effet atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Il a contracté cette maladie brutalement durant l’adolescence et a dû composer avec, contrairement à une grande partie de son entourage. Et le film s’intéresse avant tout à sa jeunesse, au bouleversement que cela a produit sur lui et la sphère familiale. Puis une ellipse nous embarque dans sa vie d’adulte, qui sera tout aussi chaotique – impossibilité de vivre seul, de trouver un job, de se faire des amis etc… – avant qu’il ne fasse de bonnes rencontres qui vont changer sa vie. I swear est un feel good movie à l’anglaise, qui parvient à trouver un équilibre précaire mais réel, entre son contexte social, les difficultés générées par le handicap et le comique de situation qu’il produit régulièrement. C’est sans doute un peu trop écrit – le récit se base sur l’histoire vraie de John Davidson – et chaque saynète un peu trop élaborée sur le même dispositif, la mièvrerie naissante étant systématiquement compensée par une saillie comique. Mais le film est touchant, gentiment didactique et pédagogique – ce que viendront renforcer les cartons de texte à la toute fin – et brillamment raconté, donc on ne s’ennuie jamais. D’autant que de nombreux personnages secondaires ne sont pas en reste et que les comédiens sont tous parfaits.