Visionné dans le cadre de ma petite étude personnelle du cinéma américain, du passage du vieil Hollywood au Nouvel Hollywood & du road movie. On suit l’histoire de Kowalski, un marginal, qui malgré un passé plutôt rangé, décide de se livrer dans une course effrénée avec les forces de l’ordre. C’est à bord d’une Dodge Challenger qu’il souhaite faire un Denver-San Francisco en moins de 15 heures.
C’est plutôt joli, on traverse de beaux paysages, style Death Valley, Nevada, Joshua Trees, etc., plein de décors typiques de l’Ouest américain qui m’ont toujours un peu fasciné. On se rend vite compte que cette course est un échappatoire pour le protagoniste, ce dernier voulant quitter un monde qui ne lui plaît plus.
C’est aussi une chevauchée qui prend une tournure psychédélique : il y a plusieurs personnages qui vont apparaître de temps en temps, de manière irréelle, hors du temps. On a une succession d’apparitions courtes comme cette communauté religieuse un peu marginale, cette belle hippie à moto etc.
Il y a beaucoup de moments symboliques, et je n’ai pas forcément tout compris, mais globalement, on voit qu’il y a une sorte d’affrontement entre le vieil États-Unis & les codes autoritaires d’une époque. Kowalski représente ici une génération americaine radicalement anticonformiste.
Ah oui, il y a aussi la figure de Super Soul, qui illustre la culture afro-américaine, élément convergent avec l’essor de la contre-culture : elle incarne à sa manière le désir de s’extraire d’un monde devenu étouffant et bloqué dans le passé. C’est donc aussi la raison pour laquelle il tente de transmettre via les radios l’épopée de notre protagoniste, un choix qui sera vite repris par des habitants locaux et les forces de l’ordre lorsque ce dernier se fera lyncher comme la sorcière du village.
La fin est tout aussi tragique qu’Easy Rider, la route amène des éléments de réponse, mais l’issue n’est pas toujours rose dans un pays qui semble rester prisonnier de ses vieux schémas conservateurs.