Devenue une franchise horrifique à succès relatif, Poltergeist a sombré dans le ridicule. Pour ce troisième et dernier opus, l'équipe originale est partie vers d'autres horizons et seules la jeune Heather O'Rourke et la vieillissante Zelda Rubinstein restent cachetonner. C'est l'Américain Gary Sherman, spécialiste du genre qui a déjà à son actif Réincarnations et Mort ou vif avec Rutger Hauer, qui se charge de reprendre la franchise en la produisant, l'écrivant et la réalisant. Malheureusement.
Dès les premières minutes, le ton sera donné : tout sera très mal joué, très mal rythmé et très mal réalisé, Sherman n'étant clairement pas l'homme de la situation pour nous faire oublier le petit chef-d’œuvre de Tobe Hooper, sorti rappelez-le six ans plus tôt. Nanardesque au possible, le scénario nous introduit la petite Carol Ann (par ailleurs décédée avant la fin du tournage) chez son oncle et sa tante dans un gigantesque immeuble de Chicago où le Révérend Kane, le méchant du deuxième opus revenu on ne sait comment, veut à nouveau posséder la blondinette. Ajoutez à cela des ados attardés, un psychiatre énervant d'incrédulité et des dialogues d'une rare insipidité et vous obtenez un authentique nanar parfois fendard mais surtout très agaçant.
Réalisation paresseuse, effets visuels redondants (le réalisateur arrive à truquer l'image avec des miroirs : une fois c'est bien, six fois c'est lourd), direction d'acteurs catastrophique... Poltergeist 3 est éreintant. Loin derrière les folles idées visuelles du premier film, la mise en scène ne réussit jamais à nous rendre l'univers fantastique crédible, ni de par ses effets ringards ni de par ses acteurs eux-mêmes pas convaincus par cette séquelle tardive et opportuniste. Petit défi pour les plus courageux : comptez le nombre de fois où l'on entend le prénom "Carol Ann", vous risquez de vous arrêter à 100 mais sait-on jamais.