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SuivreL'appât du mal
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Drôle de film que celui-là. Je suis bizarrement passé à côté pendant plusieurs années, même si on m'en avait déjà parlé. Film d'angoisse, Possession est une sorte de délire jusqu'au-boutiste particulièrement grisant, j'imagine, pour évacuer tout sentiment de tristesse et de haine qu'on peut ressentir après une séparation douloureuse.
En effet, je ne crois pas que ce puisse être un film à regarder en mode "on veut un film d'amour". L'amouuur ! Ici, l'amour ressemble à la mort, et ce n'est pas avec la classe romantique d'un Michel Soavi (Dellamorte Dellamore). On est plus proche de ce qu'on peut voir dans certains films de Polanski (Rosmary's Baby par exemple) ou encore Eraserhead de Lynch.
L'ambiance étouffante, les cris quasi-permanents, qui ne s'éteignent que pour laisser place à un silence lourd d'angoisse, les écoulements de sueur et de sang, le jeu très physique d'Isabelle Adjani et Sam Neill, les rendant tout à la fois dérangeants et démoniaques, donnent une saveur particulièrement lugubre à ce film assez éprouvant.
Porté par une réalisation graphique qui fait penser à certains gialli (qu'on ne me jette pas la pierre), deux acteur-trices très bons (que ça a dû être dur !) et une histoire prenante mais particulièrement macabre, je trouve, à chaud, que c'est un chef d’œuvre.
Il y aurait beaucoup d'autres choses à dire sur le film, notamment sur sa portée symbolique (sur le communisme etc.). Personnellement, ce n'est pas véritablement ce que j'y vois, l'aspect politique est évidemment présent, ne serait-ce que parce que c'est Zulawski et que ça se déorule à Berlin Ouest à quelques encablures du mur, mais n'ayant pas accroché pour cette raison, je ne me sens pas légitime pour la développer.
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Créée
le 4 nov. 2019
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