Avec Post Tenebras Lux, Carlos Reygadas signe une œuvre aussi singulière qu’intrigante. Porté par une esthétique sublime – flous énigmatiques, lumière irréelle, sonorités envoûtantes – le film frappe fort dès ses premières images. Chaque plan semble peint à la main, chaque atmosphère nous aspire dans un monde étrange, entre rêve, souvenir et hallucination.
Mais si la forme séduit, le fond déroute. Le récit, morcelé, énigmatique, enchaîne les ellipses et les symboles (le fameux démon rouge, entre autres) sans offrir de réelle prise émotionnelle ou narrative. J’ai eu l’impression de contempler un puzzle dont les pièces ne s’imbriquaient jamais complètement.
Pourtant, les intentions sont fortes : Reygadas évoque la violence intérieure, la fragilité familiale, la tension entre modernité et nature, le tout avec une sincérité indéniable. C’est un cinéma exigeant, personnel, mais parfois hermétique au point d’en devenir frustrant.
Je salue l’audace du geste, mais sans être totalement emporté. Une expérience à vivre, certes, mais pas forcément à revivre.
Note personnelle : 6/10