Postman fut le four de l'année 1997. On est loin de Danse avec les loups et de sa pluie d'oscars en 1990. Même si on a encore un film long de trois heures.
Pour quatre-vingt millions de dollars de budget, il n'en a rapporté que vingt au box-office mondial. Costner obtiendra plusieurs Razzie Awards. Sa carrière s'en trouvera fortement ralentie. Aujourd'hui encore, s'est-il vraiment remis de cet échec qui prend sa source avec la production (déjà) chaotique de Waterworld en 1995 ? Un Mad Max sur l'eau là où Postman serait un autre Mad Max sur terre.
Le plus ridicule, c'est de le voir se filmer en messie sauveur de l'Amérique alors que ce n'est qu'un postier. Et un postier par défaut. Il a piqué l'uniforme sur un squelette pour se protéger du froid. Le voir saisir une lettre tendue par un bambin au ralenti est involontairement comique. Et vas-y que derrière j'en rajoute une couche avec une statue à son effigie. Après les succès de Bodyguard, Danse avec les loups, Robin des Bois, Les Incorruptibles, JFK (dit comme ça, c'est vrai que ça fait pas mal), n'aurait-il pas pris la grosse tête Kevin ?
Tout n'est pas à jeter. Il y a la musique de James Newton Howard, de beaux paysages naturels et un méchant de qualité joué par Will Patton. Dans une interview durant la promotion de Open Range en 2004, Costner se disait fier de Postman et du message délivré disant que c'était un film qui faisait sa vie et qui pouvait être découvert n'importe quand. Je pense que faire moins long, moins grand, moins naïf lui aurait moins nui.