Le ton est donné dans les premières minutes ; souffrant de maux de têtes, un père de famille se rend à l’hôpital, accompagné de son épouse, et il apprend qu'il est atteint d'une tumeur cérébrale maligne lui laissant peu de temps à vivre. Tout au long du film, on va assister à sa lente décrépitude, mais également être dans la vie via sa femme et ses trois enfants.
La particularité de Pour lui est qu'il s'agit d'une fiction, mais tournée dans un style documentaire, notamment avec l'usage du téléphone, et que l'acteur, Milan Peschel, est proprement incroyable, car on dirait vraiment que peu à peu, il s'éteint sous nos yeux. On le voit changer physiquement, mentalement, perdre peu à peu sa motricité pour rester alité à domicile via un lit médicalisé, et si la sensation peut être gênante aux yeux de certains, je trouve le geste bouleversant de voir une personne diminuée se donner et donner autant à l'image, jusqu'à la fin inévitable où la mort est là, mais autour de lui chante encore la vie, notamment à travers la dernière réplique de sa fille.
Comme je le disais, son mérite n'est pas de se concentrer uniquement sur cet homme, âgé de seulement 44 ans, mais sur sa famille, où tous ne sont montrés comme des anges. Il y a des moments de doute, de découragement, de colère, comme pour expulser une émotion trop longtemps enfouie, ou pour évacuer le stress, mais c'est un combat perdu d'avance dont la défaite doit être la plus douce possible.
C'est clairement un film que je ne peux pas recommander à tout le monde, car il parlera malheureusement aux personnes ayant été confrontées à des malades, mais malgré ce côté âpre, sec (sans musique), Pour lui est très touchant.