Une jeune femme quitte le nord de l'Angleterre, d'où elle est originaire, pour se rapprocher de Londres afin de faire son métier d'institutrice. Elle va loger dans une bicoque où elle va rencontrer et être séduite par un dragueur invétéré. Problème ; elle refuse d'aller plus loin que des baisers pour la bonne raison qu'elle n'a pas perdu sa vertu.


Le film fut un énorme échec à sa sortie, ça sera d'ailleurs le seul film de son réalisateur Jonathan Mille, non pas à cause de ses qualités ou défauts mais également pour ce qu'il raconte en filigrane de la jeunesse anglaise de cette époque. 1969 est, comme dirait Gainsbourg, l'année érotique, la libération sexuelle, et l'apparition de la pilule quelques années plus tôt pousse les femmes à explorer leurs désirs sans peur de tomber enceintes. Mais Take a girl like you prend joliment le contrepied de cette époque, en explorant le problème de la virginité, et quelque part de la peur de s'engager pour l'une comme pour l'autre. D'ailleurs, excellent duo composé de Hayley Mills (que j'avais apprécié dans The family way) et de Oliver Reed, le second ramant pour être l'homme vertueux qu'elle voudrait qu'il soit, et elle qui vit sa virginité comme un fardeau mais qui ne veut pas se donner à n'importe qui, quitte à ce qu'elle se joue de lui dans une inversion des genres plutôt inattendu. Donnant d'ailleurs lieu à une fin plutôt surprenante. Le titre du film vient d'une chanson éponyme du groupe The Foundations qu'on entend au début et à la fin, et qui reflète bien la légèreté apparente de l'histoire, mais qui cache sans doute quelque chose de plus grave.


Même si c'est un petit peu long, et que Noel Harrison, qui va être en quelque sorte le caillou dans la chaussure du couple-qui-ne-dit-pas-son-nom, Take a girl like you est une comédie romantique plutôt amusante, gentiment subversive aujourd'hui, mais qui fait le travail grâce au charme de ses deux interprètes.

Boubakar
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le 13 mars 2025

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