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Poétique, humaniste, Premier Contact orchestre une fascinante rencontre du troisième type entre une linguiste de haut vol, un physicien théoricien et d’étranges mégalithes venus d’ailleurs.
Denis Villeneuve s’affirme une fois de plus parmi les cinéastes audacieux du moment. Depuis Incendies et son César du meilleur film étranger, il n’a de cesse de se faire remarquer, du thriller policier (Prisoners) au délire schizophrène (Enemy), avec un arrêt sur la croisette en sélection officielle (Sicario). Visuellement irréprochables, ses œuvres bénéficient en outre d’un choix et d’une direction d’acteurs admirables. Avant de s’attaquer à la suite du monument culte de Ridley Scott à la tête de Blade Runner 2049, le réalisateur québécois s’essaie à la science-fiction avec une pépite du genre : Premier Contact (Arrival).
On imagine assez bien le chaos que provoquerait l’arrivée de douze mégalithes extra-terrestres, répartis sur notre planète de manière apparemment aléatoire, et Denis Villeneuve retranscrit cette atmosphère tendue de manière fidèle. Selon les nations impliquées, l’armée est sur les dents ou prête à communiquer avec les nouveaux arrivants. De son côté, pour tenter de déchiffrer les messages aliens “locaux” au Montana, le gouvernement américain fait appel à une coopération entre deux experts dans leurs domaines respectifs : Louise Banks (Amy Adams), et Ian Donnelly (Jeremy Renner), représentant – selon eux – les deux fondements de l’humanité que sont le langage et la science.
Hantée par les souvenirs d’une enfant perdue, pressée par l’armée pour avancer au plus vite, Louise catalyse l’intensité émotionnelle de cette rencontre singulière, et on a rarement vu Amy Adams aussi lumineuse ni inspirée. Chacune de ses tentatives de communication avec les mystérieuses créatures ravivent les douloureux échos du deuil par d’étranges visions de cette enfant, si prégnantes qu’elles semblent appartenir au présent.
Empruntant à Monsters son onirisme brumeux et à The Tree of Life son amour absolu pour le vivant, Premier Contact n’a en outre rien à envier aux perles de science-fiction sorties ces dernières années. On songe au contraste entre la simplicité d’une vie familiale rurale et la froide solitude d’une mission gouvernementale pour le bien commun, comme le dépeignait Interstellar.
Mais contrairement aux héros de Christopher Nolan, Louise garde les pieds sur Terre, et notre proximité avec elle et son confrère Ian n’en est que renforcée. Nous nous attachons à eux, nous progressons avec eux, et nous ressentons leur terreur face à l’inconnu. Contaminés par leur curiosité passionnelle, nous espérons en savoir plus. Plus que tout, nous les envions. Si certains raccourcis sont invraisemblables, et si le final pousse la grandiloquence un peu loin, tout est pardonné tant l’intention est belle.
Plus qu’une éloge assez basique à la communication et la coopération, Premier Contact est avant tout une ode à l’impermanence, à l’inévitabilité de la condition humaine et à la capacité à accepter le bonheur en dépit de tout. Plus qu’une rencontre du troisième type, c’est une rencontre avec les fondements même de l’humanité.
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