Ayant (involontairement) vu environ 156 fois la bande-annonce avant de découvrir le film, je craignais que celle-ci suffise à résumer celui-ci dans son ensemble, ce qui est (légèrement) le cas. Fidèle à ses habitudes, Thomas Lilti, l'ancien médecin devenu réalisateur « exclusivement » pour y aborder un sujet qu'il connaît par cœur, fait preuve de cohérence, d'intelligence, se reposant bien plus sur son propos que sur sa mise en scène, convenable à défaut d'avoir des idées. Me concernant, c'est un milieu que je ne connais absolument pas, le jargon médical ingurgité du début à la fin m'ayant paru aussi limpide que le langage mandarin au XIVème siècle.


De plus, l'aspect surréaliste et ô combien élitiste de ce concours « interne » aurait mérité d'être mieux mis en avant, restant trop souvent au second plan. Je n'ai pas été non plus convaincu par


le « burnout » total d'Antoine :


si celui-ci est logique, le comportement de ce dernier m'a paru l'être nettement moins. Cela écrit, ne boudons pas non plus notre (relatif) plaisir. Lilti connaît manifestement son sujet (le contraire eut été étonnant!!), sait s'y prendre pour rendre ses deux héros sympathiques et proches de nous, cette plongée dans les années facs rappelant de plaisants souvenirs à ceux qui les ont bien connus. Il trouve un joli équilibre entre drame et comédie, sait quel registre choisir au bon moment, s'intéressant aussi bien à ses personnages qu'à l'histoire qu'il raconte.


Pas de misérabilisme, juste un constat lucide sur un système inadapté perdurant depuis des décennies, pouvant pousser jusqu'à l'épuisement (physique et psychologique) nombre d'étudiants qui mériteraient pleinement leur réussite au concours, l'interprétation très « force tranquille » de Vincent Lacoste et surtout William Lebghil apparaissant tout à fait adapté au propos, même si l'on devine assez aisément


lequel l'aura et ne l'aura pas,


malgré un « twist » très moyennement crédible dans les dernières minutes. Ce n'est pas avec « Première année » que le cinéma français va guérir de tous ses maux, loin de là, mais au vu de la production hexagonale annuelle, celui-ci apparaît tout à fait fréquentable : après tout, c'est déjà pas mal.

Caine78
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films de 2018 et Les meilleurs films français de 2018

Créée

le 26 sept. 2018

Critique lue 219 fois

Caine78

Écrit par

Critique lue 219 fois

1

D'autres avis sur Première année

Première année

Première année

7

Eric-Jubilado

le 12 sept. 2018

Suivre

Nous et nos enfants

On me dit que, non, ça ne peut pas se passer comme ça en première année de Médecine, pas question d'une amitié entre un triplant et un "vrai" première année... Comme si ça changeait quelque chose… On...

Première année

Première année

5

Moizi

le 17 sept. 2018

Suivre

Poli

On prend les mêmes et on recommence. Cette fois Vincent Lacoste et Thomas Lilti ne sont plus en internat mais en Première année de médecine. Je dois dire que je suis un peu partagé sur le film, parce...

Première année

Première année

8

RunningJack

le 8 févr. 2019

Suivre

Au mérite ?

Première Année est un film anxiogène. Pour avoir passé des concours à Villepinte dans des conditions de réussite identiques voire encore plus drastiques que celles de la première année de médecine,...

Du même critique

Nous finirons ensemble

Nous finirons ensemble

3

Caine78

le 11 mai 2019

Suivre

Possible de finir avec quelqu'un d'autre?

Je garde un assez bon souvenir des « Petits mouchoirs », que je n'ai pas revu depuis sa sortie (ce que je ferais prochainement). J'avais ainsi bon espoir que Guillaume Canet soit capable de...

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre

5

Caine78

le 7 nov. 2021

Suivre
Dernière modification

le 29 juil. 2026

Attente meurtri(ère)

Cinq ans d'attente, avant que la crise sanitaire prolonge d'une nouvelle année et demie la sortie de ce 25ème opus, accentuant une attente déjà immense due, bien sûr, à la dernière de Daniel Craig...

L'Origine du monde

L'Origine du monde

3

Caine78

le 25 sept. 2021

Suivre

L'Origine du malaise

Je le sentais bien, pourtant. Même si je n'avais pas aimé « Momo », adapté du même Sébastien Thiéry, cela avait l'air à la fois provocateur et percutant, graveleux et incisif, original et décalé,...