Avec Première année, le réalisateur Thomas Lilti s’attaque à un sujet qu’il connaît bien : la fameuse PACES, cette première année d’études de médecine réputée pour être l’une des plus difficiles du système universitaire français. Porté par Vincent Lacoste et William Lebghil, le film raconte la rencontre et l’amitié entre deux étudiants plongés dans cette compétition aussi absurde qu’épuisante.
Dès les premières minutes, le film installe une atmosphère familière : amphithéâtres bondés, fiches de révision qui s’empilent, nuits trop courtes et pression permanente. Sur ce terrain, *Première année* fonctionne plutôt bien. Thomas Lilti filme avec beaucoup de justesse le quotidien de ces étudiants, et l’on sent derrière chaque scène une vraie connaissance du milieu. L’immersion est crédible, parfois même stressante, tant la machine universitaire paraît déshumanisée.
Mais c’est aussi là que le film montre ses limites.
Car malgré son sujet potentiellement brutal, Première année reste étonnamment sage. Le récit suit une trajectoire très balisée, multipliant les situations attendues : la solidarité naissante, les moments de doute, les petits échecs et les espoirs qui renaissent. Tout est propre, presque trop. Là où l’on aurait aimé un regard plus acide sur ce système impitoyable, le film préfère rester dans une zone de confort narrative.
Cela ne veut pas dire que le film est désagréable — loin de là. L’alchimie entre Vincent Lacoste et William Lebghil fonctionne très bien, apportant beaucoup de naturel et même quelques moments franchement touchants. Leur duo donne au film une chaleur humaine qui compense en partie le côté très convenu du scénario.
Au final, Première année est un film sympathique et agréable à regarder. Il capture avec honnêteté une période charnière de la vie étudiante et se suit sans déplaisir. Mais on ne peut s’empêcher de regretter qu’il soit aussi lisse. Avec un sujet aussi riche et un réalisateur aussi inspiré par son expérience personnelle, on aurait aimé un film plus mordant, plus audacieux.
Reste malgré tout une séance plaisante : pas un grand choc de cinéma, mais un moment de cinéma tout à fait agréable.